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20/09/2017

Bure: «Ils pointaient leurs armes droit sur nous»

- Par

Près de 150 gendarmes ont mené plusieurs perquisitions visant des opposant.es au projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires mercredi 20 septembre. Les militant.es dénoncent une opération disproportionnée et témoignent d’une pression policière constante.

 Une rafale de perquisitions, des portes forcées au pied de biche, des fenêtres de caravanes brisées, de nombreuses saisies de matériels informatiques, de tracts et même du manuscrit d’un livre en cours : les gendarmes ont mené une opération de grande ampleur contre des opposant.es au centre de déchets nucléaires Cigéo mercredi 20 septembre.

Pendant plusieurs heures, « la maison de résistance », lieu de vie collectif historique du mouvement d’opposition à Bure (Meuse), ainsi que « la gare », autre site du mouvement à Luméville-en-Ornois, et des logements privés ont été perquisitionnés par environ 150 gendarmes.

« Ils ont fracassé la porte, ont cassé une vitre, et sont rentrés dans la maison. Ils ont pris les identités de tout le monde et ont commencé à tout sortir : les ordinateurs, les imprimantes, la photocopieuse, des dossiers, des livres, tous les appareils multimédias, raconte Nathalie, qui dormait dans la maison de résistance avec 10 à 20 autres personnes. Un flic nous a demandé plusieurs fois d’attacher un chien et a dit : “Si vous ne l’attachez pas, on a une arme, on peut l’utiliser”. »

Une personne a été interpellée et placée en garde à vue pour rébellion. « J’étais en train de dormir dans une caravane garée à côté de la maison quand j’ai entendu des coups forts à la porte, décrit Ben. J’ai ouvert, j’étais en pyjama, et j’ai vu d’énormes spots de lumière braqués sur moi. Ils étaient 14, en tenue, et m’ont demandé de m’asseoir à un endroit où ils pouvaient me voir. » La militante est ensuite conduite au commissariat pour un contrôle d’identité. « La rue grouillait de flics, armés, le tonfa à la ceinture. Il y avait 15 ou 16 gros fourgons. Ils nous aboyaient dessus : “Reste là”, “Bouge pas !” »

Louise dormait dans un appartement de Mandres-en-Barrois, village tout proche, quand elle reçoit l’appel d’un ami qui la prévient des perquisitions en cours. « Je regarde par la fenêtre, je vois des casqués dans la rue. Puis j’entends du bruit à la porte. Les gendarmes rentrent dans l’appart avec un double des clés. Ils crient dans le salon : “Gendarmerie nationale, perquisition!” On est quelques-uns à l’étage. Je vois qu’ils pointent leurs armes droit sur nous en gueulant comme des fous “ne bougez pas !”. C’était vachement agressif. » Une commission rogatoire est présentée aux habitant.es, sans nom de personne ni adresse, pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou plusieurs délits et dégradation volontaire d’un bien par moyen incendiaire ».

Dans le logement, des « Robocops avec des casques à visière, ils étaient une demi-douzaine », décrit une personne présente, saisissent des carnets de notes, des archives, des tracts, des ordinateurs, des clés USB, des disques durs, des cartes SD, des téléphones… « Parfois ils regardaient les notes, parfois ils prenaient les choses en vrac », décrit Jérôme, un journaliste professionnel présent dans le logement – mais qui ne s’est pas identifié en tant que tel – dont le matériel d’enregistrement a également été emporté. En tout, 42 enveloppes d’objets ont été saisies, selon Louise. Dans un autre appartement, Joël, voit arriver huit ou dix gendarmes à 6 heures du matin : « Ils ont fouillé pièce par pièce et ont pris des photos de l’appart sous toutes les coutures. Ils ont pris un téléphone, un disque dur, un ordinateur, des carnets, de vieilles notes de réunions. Un gendarme avait un Taser à la main. Je lui ai fait remarquer que ce n’était peut-être pas la peine. »

Le procureur de la République de Bar-le-Duc, Olivier Glady, a précisé que les perquisitions étaient liées à la commission rogatoire d’un juge d’instruction enquêtant sur l’attaque en juin dernier d’un hôtel-restaurant utilisé par les personnels de l’Agence nationale des déchets radioactifs, l’Andra, par des opposants au projet Cigéo. Le parquet mène d’autres investigations portant sur des affrontements en marge d’une manifestation le 15 août ayant fait plusieurs blessés, dont deux gendarmes et un militant qui a failli perdre son pied dans l’explosion d’une grenade. Au moins une perquisition concerne des faits d’infraction à la législation sur les stupéfiants.

La maison de résistance à Bure est un lieu emblématique de la lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires dans ce territoire déshérité à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Elle se compose d’une cuisine, d’un bureau, d’une bibliothèque, un grand dortoir, quelques chambres et une grande salle de réunions et de projections. Ouverte en 2004, elle a accueilli des centaines de militant.es qui viennent y passer quelques jours ou plusieurs mois.

Julie y vit depuis 2012 : « Cette maison est un lieu d’échanges et de diffusion sur le nucléaire. Il y a une disproportion énorme entre les dangers représentés par le nucléaire et ce qu’en connaissent les citoyens. On est surtout un accueil pour les personnes qui veulent s’informer. C’est aussi un outil pour le mouvement, un endroit où on trouve de l’eau et de la chaleur en hiver. » Pour la jeune femme, « prendre toutes nos brochures, c’est big brother. On veut nous empêcher de penser autrement ». Co-responsable de la maison, son nom est connu de la préfecture : « Je ne suis pas fermée au dialogue. Personne ne nous a contactés dans le cadre de cette enquête. On ne veut pas nous écouter, on veut nous prendre. »

Le bâtiment est régi par une SCI codétenue par l’association Bure Zone Libre et le Réseau sortir du nucléaire. Pour Charlotte Mijeon, une de ses responsables : « Il n’y avait jamais eu de perquisition de cette ampleur à Bure. C’est inacceptable dans un contexte où il y a déjà eu plusieurs blessés graves lors de la manifestation du 15 août dernier [où un jeune homme a reçu une grenade sur le pied – ndlr]. Il y a une volonté de construire des coupables, alors que le projet Cigéo est sous le feu des critiques. Le risque, c’est ce projet, pas les militants. » Sollicitée par Mediapart, la préfecture renvoie vers les services du procureur de la République : « C’est une opération judiciaire. »

 Depuis plusieurs semaines, des opposant.es dénoncent des pressions policières à l’encontre des habitants. Alex, opposant installé à Mandres-en-Barrois raconte : « Parfois je suis dans mon jardin, et des gendarmes me filment en me saluant de mon nom. Pendant qu’on refaisait le papier peint d’une pièce, la fenêtre était ouverte, un gendarme a passé le bras pour filmer l’intérieur avec son téléphone. Ils veulent criminaliser les opposants pour que ça déborde. »

 Jean-François Bodenreider, kinésithérapeute à Gondrecourt, et président de l’association des habitants vigilants (contre les déchets nucléaires) décrit une scène surréaliste, survenue dimanche dernier. Alors qu’il bricole devant sa maison, un 4×4 noir s’arrête. La vitre avant s’abaisse, et une personne prend des photos. « L’homme dit chercher une maison à acheter sur le secteur. Il ne se présente pas. On vit à la campagne dans un contexte de cambriolage, je lui demande de dégager. Là, je vois qu’il est habillé en militaire et qu’il porte un gilet pare-balles. Mon fils qui rangeait du matériel de camping dans le garage s’approche, un marteau en caoutchouc à la main. Il le lance en direction de la voiture. La voiture démarre, puis s’arrête 50 mètres plus loin. Deux gendarmes en sortent, attrapent mon fils et le menottent. » Emmené au commissariat, le jeune homme, étudiant en médecine, est finalement relâché sans poursuite à son encontre. Pour son père, opposant bien connu dans le département, « ils poussent les gens à bout pour qu’un jour ou l’autre quelqu’un commette quelque chose d’irréparable ».

Michel, un habitant, rapporte un échange avec des gendarmes quelques jours après la manifestation mi-août où des heurts ont éclaté. « Je leur ai dit que bientôt ils auraient un permis de tuer les gens. Ils m’ont répondu : “Ta gueule, la prochaine fois dans une manif, on t’aura”. » Une nuit, une cinquantaine de gendarmes font mine de vouloir évacuer la forêt occupée par des militant.es, entament les sommations puis s’en vont « en se marrant », décrit Alex. Un matin, ils s’approchent d’une barricade à l’orée du bois, sirènes hurlantes, puis repartent.

Avant de devenir ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot avait publiquement déclaré son opposition au projet Cigéo. Sollicité par Mediapart mercredi 20 septembre, son cabinet n’a pas réagi.

21:59 Publié dans Bure | Lien permanent | Commentaires (0)

18/09/2017

APRÈS CES 2 VIDÉOS VOUS IREZ VOUS INSCRIRE POUR VOUS OPPOSER À l'EPR (cf. article suivant, SVP) ?!

 

Réservez donc une place dans le bus pour St-Lô (50) le 30/09, ici !

 

11:38 Publié dans Bure, EPR, Risques | Lien permanent | Commentaires (0)

11/05/2017

Voyage à côté de Bure en Champagne (St-Dizier) : samedi 20 mai !

 

Arrêtons de penser que la catastrophe nucléaire n'arrivera pas en France...
(surtout si nous ne sommes pas de plus en plus nombreux à le dire haut et fort et à lutter sur le terrain !)

Vous voulez voir comment finit l'électricité radioactive d'EDF (ElecDéchetsdeFrance) une fois consommée ?
(car oui, les déchets radioactifs sont la face cachée de l'électricité nucléaire éphémère, alors que la radioactivité contamine les territoires nucléarisés pour des millénaires !)

Lutter contre le projet de poubelle nucléaire à 2 h de Paris (St-Dizier dans la Haute-Marne), c'est crier : "Cigéo-Bure, je dis NON !"

 

 

 

 

Des Artistes, des Militant-e-s de l'Ouest (et d'ailleurs) et des Politiques français-e-s sont solidaires de la lutte à Bure (55)...

La lutte contre la contamination à perpétuité de l'Est de la France compte sur vous pour accentuer la pression !
(https://www.flickr.com/photos/petition-anti-bure)


En 5 clics, vous pouvez vous inscrire (avant le samedi 13 mai SVP) pour avoir une place dans le bus affrété par les militants nantais, le samedi 20 mai
ici >>> https://www.inscription-facile.com/form/3yWRGg3QkrFBQUpSeAI0







Merci d'avance si vous vous inscrivez !
On lâche rien...
 

23/02/2017

Bure en Champagne - NDDL : même combat pour une Terre protégée !

 Les Angevins et les Nantais reviendront encore plus nombreux la prochaine fois !

 

 

Les Hiboux LEJUC :

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Le(s) trou(s) DU... nuC. :

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Le nucléaire est géré par les militaires, de la mine au projet d'enfouissement !

 

19:28 Publié dans Bure | Lien permanent | Commentaires (0)

23/01/2017

La forêt de Bure en Champagne (Bois Lejuc) polluée par les mercenaires de l'Andra !

L'endroit n'est pas encore pourri... mais l'Andra n'a pas encore dégagé...

EDF et son électricité radioactive (déchets de l'Andra) c'est aussi ça :

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Les habitants de la région de Bure ne veulent pas d'une poubelle radioactive sous leurs pieds. Nous non plus !

SOUTENEZ-LES en diffusant les infos de leurs sites Internet, ils ont besoin d'aide : www.vmc.camp et https://twitter.com/ZIRAdies

20:19 Publié dans Bure | Lien permanent | Commentaires (0)

02/12/2016

On vous l'avait dit : l'EPR (Noël) est une ordure !

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PÉTITION : http://sortirdunucleaire.org/Nucleaire-arretons-les-frais

 

02/09/2016

La ZIRA de Bure (région Grand Est) : atomisons le point faible de ce lobby nucléaire !

Le 15 août, c'était le Grand tEst, à Bure... à coup de burins !

La prochaine fois, soyons des milliers !!!

 

 

Et dire que le nucléaire dans le monde représentera bientôt moins de 1 % de l'énergie consommée (montée des renouvelables d'un côté avec déjà plus de 20 % ET fermeture des vieux réacteurs nucléaires de l'autre côté)... Mais il représente encore une menace majeure !!!

 

Le 1er octobre 2016 exigeons l'arrêt de cette "énergie de destruction massive" comme la nomme le Can - Ouest (www.can-ouest.org) avec le soutien du Réseau Sortir du nucléaire (cf. bus et covoiturage sur)

Renseignements sur le bus au départ d'Angers : sortirdunucleaire49[chez]gmail.fr et bientôt sur http://sortirdunucleaire.org/TOUS-A-FLAMANVILLE-LES-1er-E...

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C'est moins loin que Bure, alors, soyons très nombreux !

 

 

17/08/2016

A Bure (55), quand les murs sont bien mûrs... ils tombent (quasiment) tout seuls !!!

Il se murmure... que des citoyens du 44, du 49 et du 72 sont allés cueillir des murs du côté de Bure, ce 15 août ! Attention, ce n'est que le début de la saison... Gardez un œil du côté de http://burestop.free.fr et http://vmc.camp

L'ANDRA A L'ENVERS : ils l'ont fait !!!

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Suite sur www.facebook.com/bureacuire/photos_stream

 

03/08/2016

Le trou de Bure en Champagne... (suite Cigéo-Andra-EDF)

On connaissait le trou d'Areva (des dizaines de milliards € de dette)...

On connaissait les trous du nuc... (des dizaines de...)

Si vous ne connaissez pas encore le trou de Bure (55), passez-y cet été entre le 8 et le 19 août !

C'est L'Eté d'Urgence à Bure en Champagne !

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http://vmc.camp/2016/07/31/du-8-au-19-aout-deuxieme-manch...

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19/07/2016

Les antinucléaire de Bure entrent en résistance dans le bois Lejuc

 

18 juillet 2016 | Par Aurélie Delmas (Mediapart)

Un bras de fer s’est engagé entre les opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure et l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), durant deux jours de mobilisation destinés à « reprendre » le bois Lejuc, où l’Andra a débuté des travaux. La lutte contre la « poubelle nucléaire » semble trouver un nouveau souffle.

  • Bure (Meuse), de notre envoyée spéciale. - Après un dimanche sous tension dans la forêt, les militants antinucléaire de Bure, opposés au projet Cigéo d’enfouissement des déchets, sont sur le point de se faire expulser du bois Lejuc – ils ne semblent pas vouloir opposer une résistance farouche sur le long terme. « Ce qui compte, c'est d'avoir repris le bois lors d'une belle journée samedi. Cela ne sert à rien de s'acharner, de s'épuiser, de prendre des risques. Maintenant, on réfléchit au coup d'après. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on est au début de quelque chose d'un peu plus grand et un peu plus fort », se félicitait Sylvestre (prénom d'emprunt) dimanche soir.

Les manifestants devant le bois Lejuc, le 16 juillet 2016 © AD

Samedi 16 juillet, c'est en criant « Et la forêt elle est à qui ? Elle est à nous ! » que plusieurs centaines de manifestants – 400 selon les organisateurs – se sont avancés vers le bois de la discorde, dans la forêt de Mandres-en-Barrois, tout près de Bure. Ces quelque 220 hectares sont l'objet d'une bataille juridique mais surtout symbolique entre l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et les militants contre le nucléaire. 

Le bois en question a fait l'objet d'un échange avec la mairie de Mandres-en-Barrois après un vote à bulletin secret du conseil municipal contesté par des habitants. Les opposants estiment que l'Andra n'a pas à y faire de travaux tant que la justice ne s'est pas prononcée sur le sort de ce qui reste à leurs yeux « un bien commun ». Ils sont persuadés que les opérations de déboisement qui ont été menées sont les prémices de l'installation du centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs. 

C'est autour de la Maison de la résistance de Bure, qui existe depuis dix ans pour lutter contre l'enfouissement à grande profondeur des déchets nucléaires hautement radioactifs, que la lutte se réorganise. BureStop, la Confédération paysanne, Sortir du nucléaire… de nombreuses organisations soutiennent cet élan collectif contre le stockage, à 500 mètres sous la surface, des rebuts de haute activité et à vie longue de toute la production nucléaire française. Après plus de 20 ans, la lutte contre la « poubelle nucléaire » semble trouver un nouveau souffle. Le bois Lejuc a été occupé une première fois pendant plusieurs semaines au mois de juin. Les occupants ont été expulsés le 7 juillet, au petit matin, avant que le tribunal ait pu statuer sur leur expulsion. Ils ont finalement été déboutés de leur contestation… mais le 15 juillet, plus d'une semaine après les faits. 

Entre-temps, les antinucléaire avaient promis de revenir, et appelé des renforts lors du festival de Notre-Dame-des-Landes les 9 et 10 juillet, afin d'ouvrir un « été d'urgence ». Rendez-vous fut pris ce samedi 16, pour « réoccuper le bois ». Des manifestants venus d'un peu partout en France, et des représentants d'associations locales se sont réunis derrière les habitants de la Maison. En colère d'avoir vu une vingtaine de députés adopter presque en catimini le lancement d'une phase pilote de Cigéo le 11 juillet, ils voulaient que la journée de manifestation « soit une fête ».

 

Des voitures aux plaques dissimulées, par crainte du fichage, sont garées dans le village « qui n'a jamais été aussi animé », aux dires d'un local, et un bus a été affrété spécialement depuis Nantes. Martial Chateau, administrateur du réseau Sortir du nucléaire, fait partie de ceux qui ont voyagé toute la nuit pour soutenir les opposants du cru. « Tout ce qui s'est fait dans le nucléaire s'est fait sur la base du mensonge », tranche-t-il, pointant le « mythe » de la réversibilité votée par les députés, qui permettrait de changer d'avis sur le sort des déchets de Bure pendant 100 ans. Comme le laboratoire de recherche installé ici depuis 2011, il s'agit pour Laura, porte-parole du réseau, « d'arguments mis en avant pour favoriser l'acceptabilité sociale du projet ». Autrement dit, pour faire passer la pilule progressivement.

La tête du cortège, équipée de casques, cagoules et protections, s'est retrouvée face à la ligne de gendarmes mobiles déployée le long du bois Lejuc en début d'après-midi ce samedi. Jets de projectiles et tirs de lacrymogènes se sont répondu une heure durant, alors que le gros des manifestants est resté en arrière, dans une ambiance plus festive. « On a regardé de loin, c'était vachement beau. Les enfants ont cru que c'était des feux d'artifice », s'amuse une famille venue des Vosges. Une Parisienne « anarchiste et antinucléaire de longue date », habituée des manifestations contre la loi sur le travail, se réjouit de pouvoir manifester en plein champ, « au moins ils ne pourront pas nous nasser », rigole-t-elle.

C'est finalement en longeant le bois qu'une cinquantaine de militants effectue une percée, provoquant une brèche dans le cordon de gendarmes, et rentre dans le bois. Après quelques tirs de grenades lacrymogènes supplémentaires, les gendarmes se replient. Mais en pénétrant dans le bois pour lancer le pique-nique, les manifestants tombent nez à nez avec des forces de sécurité sans matricule, casquées, équipées de boucliers et de matraques. Il s'agit vraisemblablement de vigiles de l'Andra, qui s'en prennent violemment à quelques opposants avant de s'éloigner à leur tour. « C'est la milice de l'Andra ! » crient certains. « Qui êtes-vous ? », interrogent d'autres. Plus tard dans l'après-midi et en début de soirée, de nouvelles échauffourées ont lieu avec ces mêmes vigiles.

Les équipes médicale et juridique du mouvement d'occupation font état de cinq personnes blessées par les vigiles, au dos, aux membres et à la tête, dont une aurait temporairement perdu connaissance. Les victimes auraient été « molestées à coups de bâtons et de matraques, de coups de pieds et de poings, elles ont reçu des jets de pierre, ont été gazées directement dans le visage et, pour certaines d’entre elles, se sont fait enfoncer la tête dans le sol, taper sur le crâne et rouer de coups ». Le communiqué fait aussi état de trois manifestants blessés par des tirs de flash-ball et de grenades de désencerclement. Les organisateurs accusent également les forces de l'ordre d'avoir « entretenu un rapport ambivalent » avec ces vigiles qui auraient été laissés libres de commettre des violences. 

Dimanche, la journée a de nouveau été houleuse. Côté préfecture, on se borne à expliquer que « tout comme hier [samedi – ndlr] les forces de l'ordre adoptent une réponse maîtrisée face à des agresseurs casqués et cagoulés qui envoient des projectiles. Il n'y a pas d'action, que des réactions ». Quatre personnes ont été placées en garde à vue samedi et entendues dans la journée de dimanche puis laissées libres sans poursuites.

Malgré ces tensions, dans la forêt, la cantine, les tentes et cabanes ont été installées, et protégées par des barricades de bois mort. Les ZIRAdiés, comme ils se baptisent en référence à la Zone d'Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie de l'Andra, savent que leur retour dans la forêt n'est que temporaire. Mais s'ils doivent abandonner le bois, ils entendent « prolonger la mobilisation autrement ».

« C'est le désert qui avance »

Dans ces grands espaces de culture céréalière, un des enjeux à venir est de mobiliser le monde paysan pour que la contestation reste ancrée localement. Certains agriculteurs, souvent proches de la Confédération paysanne, sont déjà acquis à la cause de longue date, notamment en raison des nombreuses acquisitions foncières de l'Andra qui provoqueraient une forte hausse des prix des terres. « On essaie d'être présents à chaque fois qu'il y a des projets qui accaparent les terres », explique Michèle Roux, membre du bureau national de la Conf', le syndicat d'agriculteurs qui s'engage contre « un projet inutile et dangereux ». « Je suis mère et grand-mère, je sais ce que cela veut dire “génération future” », regrette-t-elle en faisant allusion à la durée de vie des déchets radioactifs.

Parmi les paysans du coin, Jean-Pierre habite Cirfontaines, à une dizaine de kilomètres de Bure. Face à la pression foncière « chacun croit qu'il va s'en sortir en grossissant, mais c'est le désert qui avance », regrette ce céréalier de 56 ans. Depuis son hangar, on distingue nettement la ligne de chemin de fer par laquelle deux trains hebdomadaires devraient, à terme, acheminer les déchets nucléaires vers le site Cigéo.

« Localement, il n'y a jamais eu d'opposition farouche, tout a été calmé avec les mesures d'accompagnement et cette idée géniale du labo », déplore ce militant de la première heure. L'Andra verse en effet 30 millions par an aux départements de la Meuse et de la Haute-Marne, de quoi calmer les esprits. Pour Jean-Pierre, l'action des « jeunes » de Bure, venus d'horizons divers, est indispensable et il n'hésite pas à leur prêter du matériel. Son tracteur et sa bétaillère ont d'ailleurs été saisis par les forces de l'ordre après l'expulsion du 7 juillet. « Ici, on n'a pas de densité démographique, il faut que ces jeunes viennent, sinon on ne peut rien faire. Et il faut parler de ce projet à l'extérieur, le problème n'est absolument pas local. Et je ne réagis pas ainsi parce que ça se passe chez moi », alerte-t-il.

Sur place en effet, la contestation ne dépasse guère le périmètre associatif. Michel Marie, porte-parole du Cedra52, se félicite que « le monde paysan commence à bouger, c'est un bon baromètre ». « L'adversaire, ce n'est pas l'Andra, ce n'est pas l’État, c'est le fatalisme et la résignation. Il s'agit de notre problème de citoyens », développe celui qui compte sur « une convergence des résistances contre les grands projets imposés dans toute la France ».

Les élus locaux sont tous officiellement favorables à Cigéo depuis que Jean-Pierre Remmele a perdu son siège en 2014. Celui qui fut maire de Bonnet n'était pas un opposant « avant d'être confronté à l'Andra et à ses méthodes », peste-t-il. « Ailleurs, sur des projets comme ça, il n'y a pas d'argent versé. Ce n'est qu'un labo pour l'instant ! », s'étonne-t-il. Lorsqu'il était maire, son conseil municipal a été le seul à voter contre l'enfouissement des déchets dans le sous-sol de la commune. Jusqu'à son départ, il a multiplié les réunions d'information sur le nucléaire : débats, projection de films, invités... « mais sur les 70 à 100 personnes que nous parvenions à réunir, 90 % étaient déjà des militants antinucléaire ». Depuis le campement « anti-autoritaire et anticapitaliste contre le nucléaire et son monde » organisé à l'été 2015 à Bure, « il y a un nouveau mouvement », assure-t-il. Et d'affirmer : « Oui, je suis content qu'ils soient là, les jeunes. »

Michel a suivi de près la première occupation du bois. « Je connais des gens d'ici qui rendaient visite aux jeunes tous les jours dans la forêt », explique-t-il. Sans jamais se départir de son sourire, cet ancien conseiller municipal de Mandres-en-Barrois raconte qu'avec l'avancée du projet, et celle de la contestation, la pression s'accroît sur les populations. « Les gendarmes passent toutes les 20 minutes, il y a régulièrement un hélicoptère qui nous survole, on se sent épiés, il faut qu'ils arrêtent d'opprimer les gens, ils attisent la haine », explique-t-il. Avant même la manifestation et les affrontements du week-end, Michel pointait « le service de sécurité de l'Andra qui agace lui aussi tout le monde, y compris ceux qui sont favorables au projet ». Le vendredi précédant la manifestation, même les journalistes devaient présenter leur carte de presse et être escortés par des gendarmes pour avancer sur le chemin communal qui longe le bois Lejuc.

Quoi qu'il advienne dans les jours suivants dans le bois de Mandres, les antinucléaire de la Meuse et d'ailleurs estiment avoir marqué un point en « reprenant » le bois, et ils annoncent d'ores et déjà de nouvelles actions. Pour Sylvestre, habitant de la maison, « les territoires ruraux deviennent les poubelles de la ville. Les villages se désertifient malgré les ravalements et les lampadaires tout neufs. Une économie rurale ne se re-dynamise pas à travers un gros projet industriel ». « On n'est qu'au début d'un été qui va être chaud », veut-il croire, persuadé que le « renouveau de la lutte est enclenché » depuis que les opposants ont « enfin l'impression d'avoir une prise sur le projet ».

18:01 Publié dans Bure | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2016

L'armée et la police pour couvrir les bulldozers de l'Andra (EDF)... qui veut raser les forêts de Bure en Champagne !

LE NUCLÉAIRE C'EST L'ARMÉE...

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AUX PIEDS DES ÉOLIENNES D'EN FACE : PAS DE FLICS (normal) ! MAIS POUR LE CIMETIÈRE NUCLÉAIRE DE BURE, IL Y EN A TOUS LES KILOMÈTRES !

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ZAD PARTOUT ! CET ÉTÉ, ALLEZ VISITER LA CHAMPAGNE AVANT QUE LE PROJET DE POUBELLE NUCLÉAIRE ARRIVE... MERCI AUX COURAGEUX QUI Y INSTALLENT DES BARRICADES ET DES TRANCHÉES COMME À NDDL !

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L'ANDRAcula AREVA POUR... SE NOURRIT DU SANG DE NOTRE TERRE !

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 LES ANGEVINS ET LES NANTAIS VONT A BURE (55) TOUS LES ANS POUR SOUTENIR LA LUTTE !

 

LE MONSTRE CIGÉO ET SES CASSEROLES (celles d'ELECTRICITÉ DÉCHETS DE FRANCE, celles d'AREVA, celles de l'Andra, celles du CEA, etc.) est ici

 

 

02/06/2016

Renaud continue de soutenir la lutte anti-nucléaire (Cigéo-Bure en Champagne)

Renaud vs Cigéo - Aujourd'hui

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 Renaud vs nucléaire - Hier

 

Et puis, une p'tite pétition pour dénucléariser l'€uro(pe) !output_p4Rt86.gif

 

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12/05/2016

Une Bure folie... ZADdistes de toutes les régions, unissez-vous !

On peut refuser Electricité Déchets de France (EDF-Areva)...

On peut être chez Enercoop...

... Mais venir en grand nombre à Bure (55) le 5 juin 2016, c'est mieux ! Car LE POINT FAIBLE DU NUCLÉAIRE, CE SONT SES DÉCHETS !

Enfouir ces déchets serait UN CRIME !!!

Bure_16.jpg

--> Bus organisé depuis Nantes, Ancenis et ANGERS :

http://www.sortirdunucleaire.org/Car-de-Nantes-et-Angers-...

http://100000pasabure.over-blog.com/2016/05/bus-covoitura...

 

NB : s'opposer est un acte positif !

Ainsi, de l'opposition aux pesticides sont nés les Biocoop (les Caba en Anjou passent progressivement chez Enercoop, mais "n'affichent plus la lutte anti-nucléaire"... Honte à eux !).

C'est en s'opposant aux déchets nucléaires (1er argument pour l'arrêt du nucléaire en France par 2/3 des Français qui s'opposent au nucléaire (1 Français sur 2) : http://journalidp.blogspot.fr/2016/04/tcherno23-1128-ifop...) que les énergies propres pourront atteindre 100 % comme déjà pour l'électricité en Norvège, en Islande, dans une partie de l'Autriche et de l'Allemagne (en moyenne 30 % de renouvelables en 15 ans, contre stagnation en France de 2000 à 2015 !!!)... Honte aux parlementaires nucléocrates !

 

03/07/2015

Le Film "Déchets radioactifs, 100 000 ans sous nos pieds ?"

Pour mieux comprendre le projet honteux d'enfouir la quasi totalité des déchets nucléaires français, prenez le temps de regarder ce film de Dominique Hennequin, qui a été diffusé sur Public Sénat: http://www.tagtele.com/videos/voir/203639/

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Film reportage sur la rando active et la chaîne humaine du 7 juin à Bure

Tous nos remerciements à François Nicolas pour ce film que vous pouvez voir ici :

https://www.youtube.com/watch?v=ks36RDAvM4w

 

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