Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/07/2019

Communiqué de presse du réseau Sortir du nucléaire - 18 juillet 2019

Pollution de l'eau potable au tritium : des mesures doivent être prises en urgence pour protéger la population !

Le 17 juillet 2019, l’ACRO a rendu publique une carte faisant état de la contamination au tritium de l’eau potable de nombreuses communes, notamment dans les vallées de la Seine et de la Loire. Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“, ces données appellent une réponse des autorités. Elles mettent en évidence la vulnérabilité de millions de personnes et renforcent la nécessité d’une sortie du nucléaire pour protéger les populations de cette pollution quasi-quotidienne.

Plus de 6 millions de personnes boivent de l’eau contaminée !

Le tritium est composé d’hydrogène radioactif issu de la réaction nucléaire. Extrêmement mobile dans l’environnement, il s’associe à l’oxygène pour former de l’eau tritiée, qui pénètre facilement dans les matières organiques et peut endommager l’ADN des cellules. Or, selon les données transmises par le Ministère de la Santé et compilées par l’ACRO, sur la période 2016-2017, l’eau potable de 268 communes, représentant 6,4 millions de personnes, est contaminée par le tritium. À de très nombreuses occurrences, les concentrations dépassent le bruit de fond naturel [1], jusqu’à atteindre 31 Becquerels/L de moyenne annuelle pour la ville de Châtellerault, en aval de la centrale nucléaire de Civaux.

Cette pollution quotidienne doit d’autant plus alerter qu’elle concerne une eau prélevée dans des rivières et fleuves, où la contamination est diluée. En outre, la manière dont les mesures ont été effectuées peut laisser soupçonner l’existence de valeurs encore plus élevées. En effet, certaines petites communes situées en aval d’une installation nucléaire n’apparaissent pas sur la carte, n’effectuant de prélèvement que tous les cinq ans. Et lorsque seules deux mesures ont été effectuées sur la période concernée, tiennent-elles comptent des variations saisonnières, sachant qu’il existe souvent une corrélation entre le niveau de tritium relevé et le débit des fleuves ?

Les impacts sanitaires du tritium ne doivent pas être minimisés

Ces données, mêmes lacunaires, sont suffisamment préoccupantes pour nous interpeller et ne doivent pas être balayées d’un revers de main au prétexte que les taux relevés restent inférieurs aux normes prescrites par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Comme le montre une note récente de la CRIIRAD, le taux de 10 000 Becquerels/L fixé par l’OMS pour la potabilité de l’eau contaminée par le tritium est extrêmement contestable et aboutit à minimiser cette pollution. Concernant le tritium, l’OMS retient un niveau de risque cancérogène 160 fois supérieur à celui pris en référence pour les polluants chimiques et la méthodologie aboutissant à la définition de la norme apparaît très contestable (arrondis importants, erreurs, niveau indifférencié pour les adultes, les femmes enceintes et les nourrissons [2]...).

La CRIIRAD estime de ce fait que le taux de tritium relevé dans l’eau potable ne devrait en aucun cas dépasser 10 Bq/L, seuil déjà franchi par des communes comme Tours, Nantes ou Corbeil-Essonnes. Rappelons qu’au Canada, le Ontario Drinking Water Advisory Council demande à ce que le niveau de tritium dans l’eau potable municipale des collectivités ne dépasse pas 20 Bq/L. En outre, le Commissariat à l’Énergie Atomique lui-même reconnaît la nécessité de poursuivre les recherches sur les impacts sanitaires du tritium et d’en diminuer les rejets dans l’environnement et a lancé un programme de recherche à ce sujet.

Et en cas d’accident ?

Si des millions de personnes doivent déjà consommer une eau contaminée du fait du fonctionnement habituel des installations nucléaires, que se passera-t-il en cas d’importante fuite radioactive, voire d’accident ? En cas de problème à la centrale nucléaire de Nogent, verra-t-on des millions de personnes privées d’accès à l’eau potable ? Ou assistera-t-on à un relèvement des seuils pour que l’eau puisse toujours être considérée comme consommable ?

Les citoyennes et citoyens ont droit à un environnement sain et ne devraient pas être exposés quotidiennement à la radioactivité, ni au risque d’une contamination encore plus élevée en cas d’accident. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les autorités à accroître la surveillance de l’eau potable et invite toutes les personnes intéressées à rejoindre l’observatoire citoyen de la radioactivité dans l’eau lancé par l’ACRO.

Dans tous les cas, la protection des populations plaide pour commencer à arrêter dès maintenant des réacteurs, ainsi que la production d’armes nucléaires [3], et mettre en œuvre une sortie du nucléaire civil et militaire.

Notes :

[1] Bruit de fond : tritium déjà présent dans l’environnement (cumul du tritium naturel, lié aux rayonnements cosmiques et reliquat des essais nucléaires). En France, le bruit de fond est environ inférieur à 3 Bq/l.

[2] Rappelons que les dégâts causés par le tritium sont d’autant plus élevés sur les foetus et les nourrissons, chez qui le processus de division cellulaire est plus intense.

[3] La production de tritium ne provient pas seulement des centrales nucléaires. Le centre du CEA de Valduc, en Côte-d’Or, où sont fabriquées les têtes nucléaires de la force de frappe française, en émet également, tout comme l’usine de retraitement de La Hague.

Contact presse :

Catherine Fumé - 06 62 84 13 88

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon - 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur notre site : https://www.sortirdunucleaire.org/Pollution-de-l-eau-pota...

Contamination de l’eau potable par le tritium - Document explicatif de la CRIIRAD (15 juillet 2019)

Normes de protection ou permis de polluer ? Volet 2

Contamination de l’eau potable par le tritium -

La révision à la baisse de la référence de qualitéde 100 Bq/l.

Document explicatif de la CRIIRAD à lire ici

Contamination de l’eau par le tritium : la CRIIRAD interpelle les autorités

La CRIIRAD vient d’adresser aux autorités une demande de révision drastique des normes applicables à la contamination radioactive de l’eau potable. Il faut mettre fin au régime de faveur dont bénéficient les activités nucléaires : il leur permet d’exposer la population à des niveaux de risque plus de 100 fois supérieurs à celui qui est toléré pour les cancérigènes chimiques.

Lire la lettre ouverte adressée le 11/07/2019 en RAR à la ministre de la Santé, au ministre de la Transition Écologique et Solidaire et au président de l’ASN.

La CRIIRAD demande également que toutes les communes dont l’eau potable est contaminée par le tritium soient recensées, que les situations soient évaluées et que les habitant.e.s soient informé.e.s. Un plan d’action doit permettre de traiter les situations par ordre de priorité, en tenant compte notamment de la durée et de l’intensité de la contamination.

Un grand merci à ceux et celles qui ont recherché les résultats de leur commune sur le site du ministère de la Santé !

Nous avons répondu à plus de 90% des personnes qui nous ont adressé leur constat d’anomalie mais quelques dossiers sont encore en cours de traitement. Nous avons pris du retard sur notre planning à cause du sous-effectif lié aux congés d’été mais surtout parce que les cas de figure se sont révélés plus complexes qu’attendu. Nous savions la consultation des bulletins très fastidieuse mais, sur la base de notre expérience, nous la pensions relativement simple. Plusieurs exemples qui nous ont été signalés (notamment sur l’Isère, les Hauts de Seine et le secteur de Nantes) ont révélé un nouveau type de dysfonctionnement qui transforme les recherches en véritable jeu de piste.

Les anomalies peuvent concerner de très grandes villes et pas seulement un petit village qui serait passé à la trappe. Nous avons des cas d’absence totale de contrôle (aucune analyse de radioactivité depuis 2005, date de l’entrée en vigueur de l’obligation de contrôle de la radioactivité de l’eau potable) ; des cas de fréquence d’analyse inférieure, voire très inférieure, à celle fixée par la réglementation ; des cas d’absence de résultats alors que des analyses ont pourtant été réalisées puisque nous les avons trouvées en effectuant la recherche à partir d’une autre commune ou en dehors du site du ministère de la Santé. Nous ignorons encore l’origine des problèmes : défaut de contrôle ? Défaut de transmission des résultats ? Défaut de conception de la base de données ? Quelle que soit l’explication, les faits sont là : contrairement à ce qu’affirme le site ministériel, des millions d’habitant∙e∙s n’ont pas accès aux résultats des analyses de radioactivité.

Nous publierons nos constats au cours des 10 prochains jours, avec mise à disposition des courriers adressés aux sociétés responsables de la production et de la distribution de l’eau et aux Agences Régionales de la Santé. Une foire aux questions et des modèles pour faciliter vos démarches sont en cours de rédaction.

Bon courage à tous ceux qui poursuivent les vérifications,

Merci à tous pour votre soutien à notre association,

Très cordialement

L’équipe de la CRIIRAD

PS : n’oubliez pas qu’un compte spécial a été créé pour le dossier « eau potable / tritium ». Envoyez vos constats à mobilisations@criirad.org

 

12/07/2019

Pollution de l’eau potable par le tritium : la CRIIRAD conteste, preuve à l’appui, le seuil de potabilité de l’OMS

La CRIIRAD appelle les citoyen-ne-s à vérifier le taux de tritium de l’eau qui sort de leur robinet.

C’est facile et gratuit !

Communiqué de presse de la Commission de Recherche et d’Information In-dépendantes sur la Radioactivité, 4 juillet 2019 :

http://www.criirad.org/eau%20potable/2019-07-5_H3_10.000%...

21/06/2019

Contamination en tritium dans l’environnement - Une pollution qui ne doit pas être banalisée

Vous pouvez prendre connaissance de cette note préliminaire, destinée aux  adhérents de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), publiée ce jour, ici : http://www.criirad.org/actualites/dossier2019/Note_CRIIRA...

On y apprend que : "sous leur forme tritiée, la leucine (précurseur des protéines), l'uridine (précurseur de l'ARN) et la thymidine (précurseur de l'ADN) sont respectivement environ 10, 100, et 1 000 fois plus toxiques que l'eau tritiée".

Quand l'eau tritiée contamine notre ADN, les cancers et mutations génétiques ne sont plus loin...

Un déchet radioactif dans l'eau de la Loire ... et dans l'eau du robinet : le tritium

Suite à la mesure de 310 Becquerels par litre d'eau brute dans la Loire à Saumur en janvier dernier, puis au communiqué de presse de l'ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest) :

  • reportage de Xavier Naizet, P. Lepais et Y. Leonarduzzi diffusé dans le 19/20 du 18 juin sur France 3 Centre : https://youtu.be/7g2Noy2E5XY

    • dans Le Figaro :

  • et des dizaines d'autres articles sur Internet...

Afin de comprendre la raison pour laquelle il ne faut pas faire confiance à l'OMS sur le sujet du nucléaire, quand il est question d'une norme à 10 000 Bq/litre, il est utile de lire ceci : http://independentwho.org/fr/accord-wha12-40/ et de regarder le documentaire de 80 mn "l'OMS , grand corps malade" réalisé par Lilian Franck, disponible en ARTE replay jusqu'au 24 juin : https://www.arte.tv/fr/videos/043387-000-A/l-oms-un-grand...

La directive relative à la radioactivité dans les eaux destinées à la consommation humaine, parue au Journal officiel de l'Union européenne le 7 novembre 2013, fixe la valeur paramétrique du tritium à 100 Becquerels par litre (Bq/l). La CRIIRAD s’est battue il y a quelques années pour que le seuil d’investigation pour le tritium soit abaissé de 100 Bq/l à 10 Bq/l pour les eaux potables. Le parlement européen avait partiellement tenu compte de son argumentaire en retenant une valeur de 20 Bq/l, mais c’est finalement le critère de 100 Bq/l qui a été adopté dans la nouvelle directive Euratom comme seuil d’investigation pour les eaux potables. Malgré une action en justice, le parlement n’a pu éviter que la question de la radioactivité des eaux potables rentre dans le cadre du traité Euratom qui a pour but statutaire le développement de l’industrie nucléaire.

19/06/2019

Actualité brûlante du nucléaire : à Angers, à Saumur et à la sortie de votre robinet !!

Art O-F Tritium ds la Loire à Saumur 2 19-6-19.jpeg