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03/12/2025

Projet de filière de Newcleo - Commentaires de Global Chance

2025-07-12 Projet de filiere de Newcleo_commentaires de Global Chance.pdf

 


Projet de filière de Newcleo
Commentaires de Global Chance

Juillet 2025


1. Le projet Newcleo

En février 2022, Emmanuel Macron, dans un discours à Belfort, annonçait le lancement d’un grand programme destiné à accélérer les chantiers nucléaires en France. Après avoir annoncé la mise en chantier de 6 EPR2, le Président de la République a évoqué la question des petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors - SMR en anglais, PRM en français) : « Un appel à projets sera soutenu à hauteur d'un milliard d'euros par France 2030 et sera lancé pour faire émerger des petits réacteurs modulaires (les fameux SMR que nous évoquions là aussi tout à l'heure), mais aussi des réacteurs innovants permettant de fermer le cycle du combustible et de produire moins de déchets. […] Il y aura 500 millions d'euros pour des projets ouverts sur les réacteurs innovants que j'évoquais à l'instant. […] Le CEA, qui a joué un rôle décisif dans la naissance de la filière nucléaire française, appuiera et accompagnera la montée en puissance de ces nouveaux acteurs. »

Actuellement, près d’une vingtaine de projets de petits réacteurs modulaires se disputent une place dans le futur paysage nucléaire français. EDF, qui avait fait le choix technologique d’un réacteur à eau pressurisée (du même type que les réacteurs du parc français actuel), a jeté temporairement l’éponge après des réunions techniques préliminaires avec l’autorité de sûreté et décidé de remanier complètement son modèle Nuward (1).

Newcleo (2), un autre porteur de projet, a fait le choix d’une technologie « de rupture », un réacteur à neutrons rapides (RNR) refroidi au plomb. Il a récemment soumis son dossier d’options de sûreté à l’ASNR et engagé une importante campagne de communication sur les sites où il envisage de s’installer. Par ailleurs une présentation a été faite par son promoteur devant l’ANCCLI (Association nationale des comités et commissions locales d’information) et un débat organisé par la CNDP (Commission nationale du débat public) devrait porter sur ce projet en 2026. 

En réalité Newcleo, comme la plupart des porteurs de projets « innovants », envisage le démarrage de toute une filière industrielle. Le débat public concernera deux installations : un réacteur « démonstrateur » de 30 MWe de puissance électrique nette, LFR-AS-30 (implantation prévue près de la centrale nucléaire de Chinon) et une usine de fabrication de combustible MOX (3)  (implantation prévue près de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine).

La start-up a également acquis un site à Chusclan, dans le Gard, pour former des techniciens à la fabrication des combustibles. Mais le fondateur et dirigeant de Newcleo, Stefano Buono se place d’emblée dans une stratégie européenne et voit beaucoup plus loin.
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Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-30
Tel que présenté par son concepteur, le réacteur à neutrons rapides LFR-AS-30 est refroidi au plomb liquide, c'est un réacteur de IVe génération. Le cœur du réacteur est situé au centre d'une cuve d'environ 5 m de hauteur et est constitué de 49 assemblages combustibles d'oxyde d'uranium et de plutonium (MOX). Chacun des assemblages contient 18 kg de plutonium (soit 28,6 % de Pu).
La conduite du réacteur est assurée par 9 barres de contrôle et 3 barres d'arrêt.

Le fluide caloporteur est le plomb liquide, à pression atmosphérique, dont la température est de 370 °C à l'entrée du cœur (alimentation par le bas) et de 440 °C à la sortie (respectivement 420 °C et 530 °C au cours de la deuxième phase). Trois pompes assurent la circulation du plomb liquide qui transmet l'énergie extraite du cœur à de la vapeur produite, à 400°C et 150 bars (500 °C en deuxième phase), par trois générateurs de vapeur intégrés dans la cuve. La vapeur actionne une turbine et un alternateur dont la puissance nominale est de 30 MWe.

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Une installation d’essais (sans matière nucléaire) devrait être opérationnelle sur le site italien de Brasimone avec le concours de l’ENEA. La start-up vise également le marché italien pour son réacteur, avec l’appui du gouvernement Melloni qui voudrait revenir sur l’arrêt du nucléaire décidé par référendum, voici 14 ans. Pour son premier réacteur de taille industrielle (200 MWe), Newcleo vise le Royaume-Uni. Le groupe aurait levé près d’un milliard d’euros et recruté plus d’un millier de salariés. Il procède également à des rachats d’entreprises pour compléter son dispositif industriel. 

2. La sûreté des RNR à caloporteur plomb

Les dossiers d’options de sûreté soumis par Newcleo pour les deux installations nucléaires prévues en France ne sont pas en accès public et on ne dispose donc que de très peu d’informations précises sur ces projets. Pour tenter d’analyser les problèmes de sûreté posés par le LFR-AS-30, on devra donc s’appuyer sur la documentation française et internationale portant sur des réacteurs similaires.

Historique et retour d’expérience
Comme pour beaucoup d’autres concepts de SMR, les bases théoriques du fonctionnement d’un réacteur à neutrons rapides et caloporteur plomb (LFR pour Lead-cooled Fast Reactor) ont été discutées dès les années 1950. Dans les années 1960 et 70, l’Union soviétique a développé un programme de sous-marins nucléaires d’attaque (Alfa) utilisant comme caloporteur un mélange plomb-bismuth. Deux accidents sont survenus sur ces réacteurs au cours de cette période et la filière a été ensuite abandonnée. Le retour d’expérience sur les LFR se résume en fait à ces sous-marins (4). Aucun réacteur nucléaire commercial de ce type n’a encore été exploité au niveau mondial.

En Europe, les recherches sur ce thème ont été relancées en 1993 sous l’impulsion du prix Nobel Carlo Rubbia et de son projet d’accélérateur « Rubbiatron » qui prévoyait un refroidissement au plomb (5). Par la suite différents projets de RNR refroidis au plomb (ELSY, ALFRED, ELFR) ont été étudiés dans  le cadre de programmes financés par l’Union européenne et en grande partie coordonnés par l’ENEA (l’équivalent italien du CEA). Au niveau international les recherches sur les LFR ont été notamment coordonnées par le Forum Genération IV créé à l’initiative du Département de l'énergie (DOE) étatsunien.

En France, les recherches sur les LFR ont été essentiellement suivies par le CEA et l’IRSN. Toutefois l’Hexagone a eu un important programme de RNR à caloporteur sodium (Rapsodie, Phénix, Superphénix) et c’est cette filière qui était envisagée pour le réacteur ASTRID aujourd’hui abandonné. Dans son rapport annuel 2024, l’ASNR précise à propos des projets de SMR discutés en France : « L’IRSN avait conclu que seuls les réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au sodium (tels que les réacteurs Phénix et Superphénix qui ont été exploités en France) et les réacteurs à haute température (6) (HTR) refroidis au gaz utilisant du graphite comme modérateur, disposaient d’un retour d’expérience exploitable pour envisager à court terme un passage vers une possible phase industrielle. »

Neutrons thermiques et neutrons rapides
L’immense majorité des réacteurs, en France et dans le monde, utilisent un modérateur pour obtenir des neutrons ralentis (neutrons thermiques) et augmenter ainsi la probabilité de fission des noyaux. Le modérateur permet d’utiliser un combustible relativement peu enrichi en matière fissile pour obtenir une réaction en chaîne. Dans un réacteur à eau pressurisée, l’eau joue à la fois un rôle de caloporteur (elle transporte la chaleur) et de modérateur (elle ralentit la vitesse des neutrons) et permet ainsi d’utiliser un uranium faiblement enrichi (3 à 5 % d’U235 au lieu d’une teneur de 0,72 % dans l’uranium naturel).

Dans un réacteur à neutrons rapides, il est nécessaire d’avoir un combustible beaucoup plus riche en matière fissile (typiquement 20 % de plutonium pour 80 % d’uranium appauvri) car la probabilité de fission est beaucoup plus faible qu'avec des neutrons thermiques. En revanche, cette filière présente théoriquement de nombreux avantages : rendement supérieur en raison de la température élevée du cœur, possibilité d’utiliser l’uranium appauvri (l’uranium 238 étant transformé en plutonium 239). Le plutonium 239 ainsi « surgénéré » et extrait permettrait de réalimenter un autre réacteur à neutrons rapides, etc. Toutefois, dans la pratique, ces réacteurs ont connu d’importants déboires, en France notamment avec la fermeture rapide de Superphénix (et, d’une certaine manière, l’abandon du programme ASTRID), mais aussi aux États-Unis (projet avorté de Clinch River) ou au Japon (incendie du surgénérateur Monju). Ces échecs ou annulations depuis des décennies doivent nous inciter à la prudence.

Des problèmes de sûreté spécifiques aux LFR
Les LFR partagent un certain nombre de problématiques de sûreté avec les RNR à caloporteur sodium. Tout d’abord, la forte proportion de plutonium dans le cœur se traduit par une très forte radiotoxicité en cas de fuite ou de rejet dans l’environnement. Par ailleurs de nombreux chercheurs s’accordent à dire, que ces LFR présentent un « coefficient de vide » positif : en cas de vide à l’intérieur du caloporteur plomb (phénomène d'ébullition), la réactivité du cœur augmente, pouvant conduire à un accident de criticité, la réaction en chaîne pouvant alors s’accélérer brusquement ; un scénario accidentel qui a été largement discuté à propos de Superphénix.

Newcleo met en avant un certain nombre d’avantages pour la sûreté obtenus par le remplacement du sodium par le plomb. Celui-ci permet de s’affranchir des problèmes d’inflammabilité ou de réactions explosives en cas de contact avec l’air ou l’eau, un des grands points faibles des RNR sodium. Toutefois ces avantages ne doivent pas dissimuler d’autres problèmes très sérieux. Le CEA, par exemple, juge la sûreté d’un LFR « bonne au plan neutronique, moyenne au plan thermohydraulique (la température de fusion élevée entraîne des risques de bouchage par solidification aux points froids) et mauvaise aux plans de la physicochimie (problèmes de corrosion-érosion-colmatage) et de la mécanique (vulnérabilité au séisme, du fait de la forte densité du plomb) ». Surtout, l’ensemble des experts, comme les chercheurs du CEA, insistent sur les problèmes de corrosion : « Le plomb a un pouvoir corrosif très fort sur l’ensemble des matériaux métalliques habituellement utilisés dans les réacteurs : matériaux austénitiques, ferritiques ou martensitiques. Il dissout, en particulier, le nickel des alliages. La seule protection contre cette dissolution est l’établissement d’une couche d’oxydes en surface en maintenant dans le plomb un niveau d’oxygène précis par injection contrôlée. Par contre, si ce niveau est mal contrôlé et devient localement trop élevé, des oxydes de plomb insolubles se forment et peuvent conduire à des désordres divers (c’est ce phénomène qui a conduit à des incidents par obstruction du cœur sur les sous-marins nucléaires russes qui utilisaient ce caloporteur depuis abandonné) (7). » Le problème de la corrosion peut aussi s’avérer particulièrement important sur les gaines de combustible.

Une partie des problèmes posés par le caloporteur plomb tient à sa densité et sa température de fusion très élevée (327 °C). Pour éviter tout risque de solidification du circuit, il faudrait maintenir la température du caloporteur à environ 400 °C, ce qui pose un problème de sûreté, mais également un problème économique étant donné les énormes quantités d’électricité qui seraient nécessaires en cas d’incident ou de problème de maintenance. On notera également parmi les caractéristiques défavorables des caloporteurs plomb et sodium, leur opacité qui complique les activités de contrôle et de maintenance (8).

Newcleo est bien sûr conscient de ces différents problèmes et cherche des parades, notamment dans ses installations d’essais développées en Italie avec l’ENEA. Mais tout est à faire et des calculs sur maquette ne peuvent résoudre toutes ces contraintes.


3. Cycle du combustible, retraitement, déchets

Newcleo, comme toutes les start-ups qui proposent des RNR, vante la capacité de son réacteur à réduire les besoins en uranium, à fermer le cycle du combustible ou à réduire les quantités de déchets radioactifs à stocker. Là encore, cette approche théorique ne résiste pas vraiment à l’analyse de la réalité.

Newcleo envisage un multirecyclage, au cours duquel, retraitement après retraitement, l’ensemble des matières nucléaires serait transformé en produits de fission. Cette vision n’est confortée par aucune expérience concrète, même de faible ampleur. Il faut tout d’abord rappeler que le combustible MOX des réacteurs à eau pressurisée n’est pas retraité et s’entasse dans les piscines de la Hague (2 510 t entreposées dont 1 947 t à La Hague, fin 2023).

Le retraitement de quelques dizaines de tonnes en mélange avec des combustibles classiques réalisé, à titre expérimental, ne permet pas de garantir la possibilité de passer à l’échelle industrielle, encore moins dans des conditions économiques viables. Par ailleurs, la mise en place d’un tel schéma s’étalerait sur des décennies, voire des siècles.

Chaque phase de retraitement donne lieu à de nombreux rejets gazeux et liquides dans l’environnement et à l’irradiation d’équipements comme le démontre le fonctionnement des usines de la Hague depuis des décennies.

Sécurité et prolifération
On peut s’étonner qu’au moment où l’on bombarde les installations d’enrichissement d’uranium de l’Iran, qui pourrait se servir de cet uranium très enrichi à la fabrication d’armes nucléaires, que les porteurs de projet de SMR, qui prévoient d’utiliser un combustible contenant des combustibles à haute teneur en produits fissiles (uranium ou plutonium), accordent si peu d’attention aux problèmes de prolifération nucléaire. Pourtant, paradoxalement, au moment où des conflits militaires de haute intensité montrent la fragilité de la sécurité militaire, des gouvernements, dont la totalité des puissances nucléaires militaires, cherchent à développer des filières nucléaires potentiellement très proliférantes et vulnérables aux attaques terroristes. Tout cela dans un contexte d’affaiblissement du droit international et des négociations sur le désarmement.


Toute une réglementation internationale, suivie notamment par l’AIEA ou Euratom, est prévue pour gérer les installations nucléaires dans lesquelles transitent de l’uranium et du plutonium. Ces mesures de garantie s’appliquent généralement à des États. L’État français, puissance nucléaire militaire officielle, bénéficie de dispositions internationales qui lui permettent de préserver des données militairement sensibles. Toutefois, des mesures de surveillance et de convoyage de type militaire doivent être mises en œuvre pour tout transport de plutonium ou de MOX, des scellés doivent être mis sur tous les emballages et une comptabilité nationale très précise des matières fissiles doit pouvoir être contrôlée par les instances nationales et internationales compétentes. On considère en effet actuellement qu’il est possible de fabriquer une bombe nucléaire avec seulement 4 kg de plutonium, c’est-à-dire une quantité inférieure à celle qui est présente dans un seul assemblage du réacteur LFR30 de Newcleo.


Toutefois le projet Newcleo pose de nombreux autres problèmes, d’une part parce qu’il s’agit d’une entreprise non étatique (même si l’ENEA, donc indirectement l’État italien projette d’entrer au capital de la société), d’autre part en raison de ses ambitions commerciales au niveau international. En ce qui concerne la prolifération, il ne faut pas se concentrer exclusivement sur le réacteur démonstrateur. L’usine de fabrication de combustible doit permettre d’alimenter des SMR dans le monde entier. Son promoteur prétend arriver rapidement à une chaîne de production de 40 t/an et progressivement à 120 t/an (la production optimale de Melox, l'usine de fabrication de combustible à base de plutonium, située à Marcoule). Le taux de plutonium dans le MOX envisagé par Newcleo est de 28,6 %, un pourcentage extrêmement élevé, très supérieur à ce qu’il était même dans Phénix et Superphénix. Les projets SMR visent en particulier des pays qui ne possèdent pas actuellement d’activités nucléaires. Newcleo vise aussi des sites isolés, par exemple des champs d’exploitation pétrolière ou des navires, en collaboration avec Saipem. Malgré toutes les réglementations internationales, tous ces transferts de technologies et de matières pourraient être la cible de tentatives de détournements ou d’actions terroristes.

4. Le projet Newcleo est-il réaliste ?

Il reste à évaluer si le calendrier extrêmement serré et le modèle économique prévus par Newcleo sont réalistes. On lira avec intérêt le commentaire de l’ASN sur les SMR dans son rapport 2024. Bien que rédigé dans des termes très diplomatiques il permet de se faire une idée des pressions qui s’exercent sur l’autorité de sûreté et ses experts :

« Le développement de ces nouvelles sociétés induit une forte pression temporelle sur les projets au regard :
- de la compétition entre les différents projets pour mettre en service un démonstrateur industriel et ainsi pouvoir se lancer parmi les premiers dans la commercialisation à plus grande échelle de leur modèle de PRM aux niveaux national et international ;
- des enjeux financiers de leur développement, en particulier l’équilibre entre leurs levées et leur consommation de capital en attendant la mise en service de leur premier réacteur industriel.
Dans ce contexte de pression sur la temporalité de ces projets, l’un des principaux constats dressés par l’ASN à l’issue des échanges tenus en 2024 concerne de fait le caractère souvent peu réaliste des calendriers de déploiement affichés par de nombreux porteurs de projet.
L’ASN identifie en particulier plusieurs délais en lien avec ses préoccupations en matière de sûreté qui ont trop souvent tendance à être sous‑évalués par les porteurs de projet :
- le délai nécessaire à un projet de réacteur innovant pour disposer d’un socle de connaissances et de validation de ses choix technologiques qui soit suffisamment étayé pour s’assurer de la faisabilité et de la viabilité industrielle de leur projet, aussi bien en phase de construction que d’exploitation, et pour établir avec toute la rigueur requise la démonstration de sûreté attendue
à l’appui d’une demande d’autorisation de création ;
- la durée considérée pour l’instruction de la demande d’autorisation de création de leur premier réacteur ; en effet les porteurs de projet prévoient généralement des délais d’instruction de leur réacteur expérimental ou de leur démonstrateur industriel plus courts que ceux prévus par le cadre réglementaire actuel. Alors qu’une telle réduction des délais peut s’envisager pour l’instruction des réacteurs suivants qui pourraient bénéficier de l’effet série, elle est difficilement envisageable pour des réacteurs particulièrement innovants. L’ASN rappelle donc que les dossiers de ces PRM seront examinés avec la même rigueur que toute autre installation nucléaire de manière proportionnée aux enjeux de sûreté, et que les délais pour les instruire dépendront avant tout de la qualité et de la complexité des démonstrations de sûreté qui lui seront présentées. »


Si le calendrier est très incertain, la viabilité économique du projet Newcleo l’est tout autant. Pour un acteur privé et même public, la question du financement joue un rôle primordial dans l’investissement dans un projet énergétique. Le coût « overnight (9) » d’un projet (hors intérêts et inflation) ne reflète que très peu la réalité économique. Pour avancer, il faut des prises de participation ou des emprunts importants. Les projets EPR au Royaume-Uni donnent une idée de l’ampleur du problème. Compte tenu des importants délais de mise en route et des risques d’échec des projets nucléaires, le financement coûte très cher. C’est particulièrement vrai pour les projets de SMR.

Dans le concept de « petit réacteur modulaire », c’est en fait le mot modulaire qui est essentiel. L’idée est de fabriquer en série en usine les grands composants de ces réacteurs, de les transporter préassemblés sur le site prévu afin que le travail sur le terrain porte essentiellement sur le génie civil. Au sens strict, il n’existe aucun SMR dans le monde, pas même en Chine. Pour survivre, un programme SMR doit s’imposer avant les autres et commercialiser au moins des dizaines de réacteurs parfaitement semblables dans une période relativement brève pour parvenir à un seuil de rentabilité et rémunérer les investisseurs et les prêteurs. L’objectif paraît tout à fait inatteignable compte tenu de la concurrence internationale (plus d’une centaine de projets actuellement) et des intérêts nationaux contradictoires.

Newcleo, par exemple, vise d’installer son premier LFR-AS- 200 MWe au Royaume-Uni. Mais dans ce pays un premier cycle de candidature a ciblé les projets de SMR correspondant à des filières disposant d’un important retour d’expérience (essentiellement à eau pressurisée). Et il y a fort à parier que le gouvernement britannique cherchera, malgré la procédure concurrentielle, à promouvoir son champion national, Rolls-Royce.


Malgré toutes les incertitudes en matière de sûreté et sécurité de sa filière, Newcleo revendique un calendrier de réalisation extrêmement serré. L’autorité de sûreté, consciente des nombreux problèmes, juge les délais intenables. Lors du séminaire de présentation du projet Newcleo organisé par l’ANCCLI le 25 juin 2025, le directeur général adjoint de l’ASNR a déclaré : « Le planning du porteur de projet n’a pas de marge, pour un projet qui n’est pas sans enjeux. C’est extrêmement volontariste. ». La start-up, elle, joue sur ses nombreux relais politiques au niveau local comme aux niveaux national et international, pour accélérer les autorisations. Elle recrute d’ailleurs d’anciens responsables d’autorités de sûreté européennes, par exemple Adrienne Kelbie qui a dirigé l’ONR (équivalent britannique de l’ASNR) entre 2016 et 2021, Stéphane Calpena, qui a travaillé à la fois à l’ASN et à l’ONR, ou d’autres personnalités influentes comme Anne-François de Bourdoncle de Saint Salvy, vice-amiral et ancien commandant du Charles-de-Gaulle…

La stratégie qui se dessine est inquiétante, particulièrement dans un contexte de pressions politiques nationales et internationales visant à obtenir très vite des résultats et au moment où l’autorité de sûreté est affaiblie par sa restructuration. Les paramètres de temporalité, de rentabilité et de sûreté sont intrinsèquement liés : pour tenir un calendrier et garantir sa viabilité financière, la tentation est grande pour une start-up de chercher à obtenir des concessions de la part de l’autorité de sûreté. Dans le cas des SMR, où il y a fort à craindre que les procédures d’autorisation soient simplifiées pour les nouveaux chantiers de réacteurs partiellement standardisés, le risque est réel.

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(1) Sur Nuward, voir : https://global-chance.org/Les-SMR-Deux-exemples-NuScale-et-NUWARD.
(2) https://www.newcleo.com/
(3) MOX : Mixed oxide, combustible constitué d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium. Utilisé dans les réacteurs
à eau pressurisée du parc EDF : 7% en 1987 au début de l’usage du MOX, puis de 8,65 % à 9,3 % de plutonium
avec un maximum fixé à 9,54%. Envisagé par Newcleo : 28,6 % de plutonium.
(4) https://en.wikipedia.org/wiki/Alfa-class_submarine#Incidents
(5) https://www.gen-4.org/sites/default/files/2024-07/2024-06-10_newcleo_gif_webinar_fm2.pdf
(6) Voir à ce sujet : https://global-chance.org/SMR-Les-reacteurs-a-haute-temperature
(7)https://www.cea.fr/Documents/monographies/reacteurs-nucleaires-sodium-pourquoi-reacteurs-rapides-
sodium.pdf
(8) https://en.wikipedia.org/wiki/Lead-cooled_fast_reactor 
(9) Coût « overnight » de construction : on fait l’hypothèse qu’aucun délai de réalisation n’intervient dans ce coût,
comme si la réalisation s’était faite en une nuit (overnight). Le coût réel est toujours plus élevé, car les durées de
construction se traduisent par des frais financiers.


07:31 Publié dans Chinon, SMR | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2025

Le 20 septembre grande manifestation à Bure contre la poubelle nucléaire


Lien vers le site de la manif https://manifbure.fr/ 

Le samedi 20 septembre est organisée à Mandres en Barrois (près de Bure) une manifestation 
contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure et ses dommages collatéraux.

Sortir du nucléaire Pays nantais organise un car qui partira de Nantes.
Le rdv est prévu à l’arrêt de tram Le Cardo (ligne 2) le vendredi 19 septembre à 23h45.
Itineraire : Nantes – Angers – Tours – Blois – Orléans - Gondreville-la-Franche – Troyes – Mandres-
en-Barrois (arrêts sur cet itinéraire selon les demandes reçues qui permettront de donner les détails des
différentes étapes et leurs horaires).
Arrivée à Mandres en Barrois samedi vers 9H30.

La manifestation étant à 14h, cela laissera du temps pour les échanges militants.

Le retour au départ de Mandres est prévu à 19h45 le samedi pour une arrivée à Nantes vers 6H30 le dimanche 21.

Réservation indispensable (définitive dès le règlement effectué).
Tarif indicatif : 60€ pour les personnes qui le peuvent. Les autres personnes participent selon leurs possibilités.

De même, celles dont l’étape est plus proche de Mandres, peuvent adapter le tarif.

Des reçus fiscaux seront faits à la demande pour les montants au-delà de 60€ par personne.

Pour vous préinscrire :

https://framaforms.org/inscriptions-pour-le-car-vers-bure-le-20-septembre-2025-depuis-nantes-et-centre-val-de-
loire

Et ensuite surveillez bien vos mails et messages pour recevoir les informations concernant le car.

Dons : Par ailleur, pour couvrir les tarifs réduits et le cas où le car ne serait pas tout à fait plein, nous sommes preneur-euse-s de dons, notamment de personnes ne pouvant pas venir (des reçus fiscaux seront faits dès le premier euro), par chèque ou par virement, en précisant que c’est un don pour le car.

Chèques à l’ordre de “Sortir du nucléaire Pays nantais” à envoyer à:
Damien Renault
2 rue du Bois du Boschet
44590 DERVAL

Ou virement (en indiquant ses coordonnées) à :
IBAN : FR73 2004 1010 1112 6597 9Y03 220, BIC : PSSTFRPPNTE
(La banque postale)

Nous contacter par mail à sortirdunucleairepaysnantais@laposte.net
ou par tél : Mylène au 06 70 11 77 27

13/08/2025

La manif du futur_ BURE_20 septembre 2025_Contre la poubelle nucléaire _ Pré inscriptions ouvertes pour un voyage en car

cropped-cropped-manifbureaffiche_A4-3.png

On souhaite vous y emmener en car

depuis les régions Pays de la Loire

et Centre Val de Loire !

 

Infos et pré-inscriptions :

https://framaforms.org/preinscriptions-pour-le-car-vers-bure-le-20-septembre-2025-depuis-pays-de-la-loire-et-centre-val-de

4eLuKF.png

 

 

17/06/2025

NUCLÉAIRE, comment il va ruiner la France

En matière de nucléaire, Emmanuel Macron dépense sans compter. La facture se chiffre en dizaines de milliards.
Mais qui va payer ?
Enquête sur une faillite annoncée.
Un documentaire en accès libre, sans publicité et financé uniquement par les dons. 
 
Soutenez la réalisation de documentaires indépendants : https://reporterre.net/dons
 
La journaliste Laure Noualhat poursuit son enquête dans le livre : Le nucléaire va ruiner la France. Fruit de six mois d’enquête, il paraît dans la collection Seuil-Reporterre : https://www.seuil.Le nucléaire va ruiner la France.jpgcom/ouvrage/le-nucl...
 
 
 
 

16:08 Publié dans Coûts | Lien permanent | Commentaires (0)

07/06/2025

Nucléaire : impacts sur l'eau de la Loire et de la Vienne

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16/02/2025

Ciné débat le 21 mars 2025 à Saumur

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10/12/2024

Il y a des atomes radioactifs dans votre verre d’eau - Extraits de l'article publié sur Mediapart le 9 décembre 2024

 

Nucléaire : il y a des atomes radioactifs dans votre verre d’eau

L’eau potable de près de 10 millions de Français est touchée par une pollution radioactive en provenance des centrales nucléaires. Si la présence de tritium est considérée sans risque par les autorités, son impact est sous-évalué selon des scientifiques. Mediapart publie une carte inédite et des analyses d’urine.

Donatien Huet et Jade Lindgaard

C’est une pollution quasi permanente et pourtant invisible : des millions de Français·es avalent de la radioactivité rejetée par les centrales nucléaires en buvant l’eau qui coule de leur robinet. Un peu moins de 10 millions de personnes, environ un·e habitant·e sur sept, vit dans une commune où du tritium, une forme radioactive de l’hydrogène, a été détecté dans l’eau potable au moins deux fois, et à un niveau au moins cinq fois supérieur au bruit de fond, selon une analyse établie par Mediapart et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) à partir des données des agences régionales de santé (ARS).

Certains territoires sont plus exposés que d’autres. « Les grands secteurs dans lesquels on détecte du tritium sont toujours à peu près les mêmes, explique Julien Syren, codirecteur de la Criirad. Il s’agit des agglomérations qui sont sur les cours d’eau le long desquels se trouvent des centrales nucléaires : la Seine, la Loire, la Vienne, la Garonne et le Rhône. »

Ces communes ont une double particularité : se trouver en aval de l’une des dix-huit centrales atomiques de l’Hexagone et prélever leur eau potable dans un cours d’eau (ou dans sa nappe alluviale) où un réacteur rejette du tritium.

C’est à Châtellerault et à Naintré, dans la Vienne, en aval de la centrale de Civaux, que le record de tritium dans l’eau potable a été mesuré en mars 2017, avec 65 becquerels par litre (Bq/l) – l’unité utilisée pour mesurer « l’activité volumique » d’une substance, c’est-à-dire le nombre de noyaux, par unité de volume, qui se désintègrent chaque seconde et émettent un rayonnement.

« C’est le secteur en France où l’on détecte les niveaux de tritium les plus élevés dans l’eau du robinet, pointe Julien Syren. Cela s’explique par le fait que le débit de la Vienne est moins fort que celui du Rhône et que donc le tritium rejeté y est moins dilué. »

Au-delà de 100 Bq/l, une enquête doit être déclenchée pour comprendre l’origine de la pollution (voir l’encadré). Mais en dessous de ce seuil, aucun suivi n’est prévu. Hors rejet industriel, la concentration de tritium dans l’environnement ne dépasse pas 2 Bq/l.

À Agen et dans les communes avoisinantes du Lot-et-Garonne, en aval de la centrale de Golfech, un autre pic (56 Bq/l) a été atteint en mars 2019. À Angers (plus de 160 000 habitant·es), dans le Maine-et-Loire, en aval de la centrale de Chinon, on mesure 54 Bq/l en septembre 2019. À Blois (Loir-et-Cher), en aval de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, 42 Bq/l en juillet 2024. À Alfortville (Val-de-Marne), en aval de la centrale de Nogent-sur-Seine, en août 2023, 35 Bq/l.

Si l’on prend en compte l’ensemble des communes où du tritium a été détecté au moins une fois depuis 2016 au-dessus du bruit de fond de 2 Bq/l, un quart des Français·es sont concerné·es, avec 16,3 millions de personnes dans plus de 2 300 communes.

 

Cette situation est connue des autorités sanitaires, qui surveillent la quantité de tritium dans les eaux et dans l’environnement à proximité des centrales – une carte est consultable en ligne. EDF transmet à l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) ses registres de rejets de tritium, « soumis à une réglementation très stricte encadrant les conditions sous lesquelles ces rejets peuvent être effectués », explique le groupe. « La surveillance des rejets de tritium s’exerce, d’une part, sur les effluents liquides et gazeux et, d’autre part, sur l’environnement à proximité de l’installation (contrôles au cours du rejet, prélèvements d’air, d’eau, de lait, etc.) », précise une porte-parole.

Mais en plein débat public sur la construction de nouveaux réacteurs EPR2 à Gravelines (Nord), où se trouve déjà la plus grosse centrale d’Europe, et tandis que le document de planification énergétique du pays est actuellement en consultation, qui explique au public que la relance du nucléaire va augmenter la pollution radioactive de son eau potable ? « Les réacteurs EPR [comme celui en cours de finalisation à Flamanville, dans la Manche – ndlr] et EPR2 étant plus puissants, avec environ 1 600 mégawatts, que les réacteurs à eau pressurisée du parc actuel, la quantité de tritium produite par ces réacteurs devrait être supérieure », explique l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Des atomes radioactifs qui sont produits dans le cœur des réacteurs nucléaires se retrouvent dans le plus intime de nos vies : l’eau de notre robinet et notre organisme.

Bruno Chareyron, conseiller scientifique de la Criirad

Entre fin mars et fin avril 2023, Pierre*, qui vit dans la région de Nantes (Loire-Atlantique), a bu tous les jours de l’eau du robinet chez lui, comme des millions de Français·es. Mais dans la sienne se trouvait du tritium en quantité suffisamment importante pour être détectée : entre 8 et 14 Bq/l. Résultat : le tritium s’est retrouvé dans son urine, à un niveau suffisamment élevé pour pouvoir être mesuré : entre 3,4 et 4,7 Bq/l, selon une étude commandée par Mediapart au laboratoire de la Criirad.

Entre mai et juin de la même année, Thomas*, habitant de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), a avalé entre 2,8 et 11,6 Bq/l de tritium chez lui, et uriné entre 3,2 et 3,5 Bq/l de substance radioactive, selon cette même étude. « Ça a été une découverte et une inquiétude, dit-il à Mediapart. Je ne m’y attendais pas. J’ai réalisé qu’en plus des pesticides et des polluants éternels, on pouvait aussi avoir de la radioactivité dans l’eau potable. Il y en a peu mais comme je bois tous les jours cette eau, et que j’habite là depuis dix ans, ça s’accumule quand même. »

En revanche, Martin*, résident à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), n’avait pas de tritium dans ses urines entre fin mars et mi-avril. Logique : dans son eau du robinet, les valeurs étaient aussi inférieures au bruit de fond – cette commune est désormais alimentée en eau de la Marne, sans réacteur nucléaire, et non de la Seine.

« Des atomes radioactifs qui sont produits dans le cœur des réacteurs nucléaires se retrouvent dans le plus intime de nos vies : l’eau de notre robinet et notre organisme. Il faut que les gens intègrent cette réalité », explique Bruno Chareyron, conseiller scientifique de la Criirad.

Concrètement, une fois ingéré, le tritium se diffuse dans l’ensemble de l’organisme, parce que c’est un atome radioactif d’hydrogène et que le corps humain est fait d’eau – et donc d’hydrogène. Une partie seulement sera éliminée par les urines. Ce radionucléide émet des rayonnements bêta de très faible énergie, faciles à bloquer quand il est à l’extérieur d’un corps, par du métal ou du verre. Mais une fois à l’intérieur d’un organisme, rien ne l’empêche d’irradier.

Situation « inéluctable »

Dans le cas des personnes témoins de l’étude de la Criirad pour Mediapart, « si on utilise les modèles officiels d’évaluation, le risque est très faible pour la santé de ces personnes », analyse Bruno Chareyron. « Simplement, il faut avoir en tête que, sur le plan scientifique, il y a beaucoup d’incertitudes sur les effets des très faibles doses, en particulier pour le tritium. Pour limiter les risques pour les plus vulnérables (femmes enceintes, embryons et fœtus) et pour celles et ceux qui boivent cette eau du robinet sur toute une vie, il serait souhaitable de leur donner accès à une eau qui ne contienne pas de substances radioactives. Si on peut l’éviter, il faut l’éviter. »

Cette présence radioactive dans l’eau potable est d’autant plus difficile à se représenter qu’elle est parfois détectée à plusieurs dizaines de kilomètres de la centrale concernée. « Plus de 75 % du tritium présent en aval des centrales provient des rejets liquides des installations » et « cette proportion atteint 90 % dans la partie aval du Rhône », explique l’IRSN.

  Pour la Criirad, la présence du tritium montre que ces ressources en eau potable seraient impactées directement en cas d’accident grave de centrale nucléaire. Une alerte également lancée en 2019 par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro). Les ARS d’Île-de-France et de Nouvelle-Aquitaine, sollicitées par Mediapart, n’ont pas répondu à nos questions à ce sujet.

« Le tritium n’est pas rejeté dans les circuits d’alimentation en eau potable mais il s’y retrouve, c’est inéluctable, explique Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. C’est intrinsèque à la filière des réacteurs à eau sous pression. » 

Cette technologie, la plus utilisée dans le monde, est celle que l’on trouve dans les centrales nucléaires en France. Le tritium y est fabriqué par la rencontre entre les neutrons, produits par le réacteur en fonctionnement, et le bore, un élément chimique injecté pour contrôler la réaction nucléaire. C’est donc un sous-produit involontaire mais inévitable.

Ce tritium est ensuite rejeté dans les fleuves que bordent les centrales nucléaires, au moment jugé le plus opportun par EDF (saturation des bâches de rétention, plus gros débit de fleuve, etc.). Et se retrouve dans les eaux de surface qui servent à produire l’eau potable.

« Les concentrations qui peuvent être rejetées au niveau du tuyau de la centrale sont de l’ordre de ce qui est conforme aux eaux potables, et donc, une fois dilué dans le milieu, on arrive à des taux extrêmement bas », poursuit Julien Collet. « Les premiers effets toxiques du tritium apparaissent pour des concentrations très largement supérieures aux concentrations environnementales actuelles », considère l’IRSN, qui a consacré plusieurs études au sujet en 2020 et 2021, à la suite d’un livre blanc publié par l’ASN en 2010. Personne ne conteste donc qu’il y a du tritium dans l’eau potable de millions de personnes. La question est : est-ce un problème sous-estimé ?

Conséquences biologiques

De récentes publications scientifiques et travaux d’expert·es vont à l’encontre de l’idée que le tritium est inoffensif. Après avoir analysé 250 publications scientifiques, les chercheurs Timothy Mousseau et Sarah A. Todd, de l’université de Caroline du Sud (États-Unis), concluent que « contrairement à l’idée répandue que le tritium est une source relativement anodine d’irradiation, la grande majorité des études indiquent que l’exposition, en particulier interne [c’est à-dire depuis l’intérieur du corps – ndlr] peut avoir des conséquences biologiques, en abimant l’ADN, en causant des dégâts physiologiques et du développement, en réduisant la fertilité et la longévité, et en élevant le risque de maladies, y compris de cancers ».

Pour les auteurs, le tritium est un sujet beaucoup trop ignoré, ce qui « est surprenant, puisque c’est la plus importante substance radioactive rejetée par une centrale nucléaire ».

Président de l’Institut pour la recherche sur l’énergie et l’environnement, sur la côte est des États-Unis, un organisme dédié à la diffusion du savoir scientifique, Arjun Makhijani pointe que le corps humain « est avant tout un système d’information, avec un ADN très finement réglé. Or, la radioprotection considère le corps humain avant tout comme un gros sac d’eau ». Le problème de cette approche est qu’elle sous-estime, selon lui, les effets des rayonnements du tritium sur les cellules de l’organisme. Et notamment, les risques de pathologies en dehors du cancer : fausses couches, malformations.

« Nous ne faisons pas de la santé environnementale mais du contrôle des effets des pollutions. Ce n’est pas la même chose : nous sommes en contact avec tous les polluants en même temps. Vous buvez du tritium en dessous de 100 Bq/l en France. Mais du mercure se trouve-t-il dans votre corps ? Des produits chimiques ? Des métaux lourds ? Le tritium traverse le placenta. Que se passe-t-il pour un fœtus s’il subit du stress oxydatif en raison de la présence de tritium pendant son premier trimestre de développement ? Nous ne savons pas. Le problème du passage des radionucléides vers le placenta et leur impact sur les trois premiers mois de la grossesse a été négligé. » Il a saisi l’Académie des sciences états-unienne sur ce sujet en 2022.

Dans un livre publié en 2023, Exploring Tritium’s Danger (non traduit), il plaide pour limiter le tritium à 15 Bq/l dans l’eau potable, « ce qui équivaut à un risque de cancer de un adulte sur un million, le seuil le plus protecteur que l’on puisse imaginer ». C’est aussi la recommandation de l’agence de protection de l’environnement de l’État de Californie – non suivie.

 

Au Canada, autre pays nucléaire, l’agence de protection de l’eau potable de l’État d’Ontario, où se trouve une des plus grosses centrales atomiques du monde avec huit réacteurs, propose de limiter le tritium à 20 Bq/l. En 2013, le Parlement européen avait adopté une résolution abaissant la valeur de référence du tritium à 20 Bq/l. Elle n’a pas été reprise par la Commission. Dans une partie des communes françaises, les quantités détectées sont supérieures à ces niveaux.

Quel est le seuil maximal de tritium dans l’eau potable ?

En France, la valeur de référence pour évaluer la quantité de tritium dans l’eau est de 100 becquerels par litre (Bq/l). Ce n’est pas un seuil de potabilité, estimé à 10 000 Bq/l par l’OMS, selon un calcul contesté par la Criirad. C’est ce que l’on appelle une « valeur paramétrique », donc un simple indicateur : à partir de 100 Bq/l de tritium dans l’eau, les autorités doivent déclencher une enquête pour comprendre d’où vient la pollution radioactive.

« Les autorités doivent vérifier si ce non-respect de la valeur paramétrique présente un risque pour la santé des personnes. Concrètement, ça veut dire qu’on doit faire des analyses complémentaires dans cette eau pour savoir quels éléments radioactifs s’y trouvent, et calculer les doses auxquelles s’exposent les personnes qui la boivent », explique Julien Syren, codirecteur de la Criirad.

Les contrôles de tritium dans l’eau du robinet ne sont obligatoires que depuis 2005, vingt-huit ans après le démarrage de la première centrale nucléaire à Fessenheim (Alsace). Pour connaître la quantité de tritium dans l’eau, un site est consultable, mais ne donne pas d’informations antérieures à 2016.

« Il est très difficile de mesurer le tritium, vous ne pouvez pas utiliser un compteur Geiger qui mesure en direct à combien de microsieverts [l’unité qui mesure l’impact de la radioactivité sur le corps humain – ndlr] par heure vous êtes exposé, explique Ian Fairlie, expert en risques liés aux radiations et ancien membre d’une commission gouvernementale en Grande-Bretagne. Il faut le prélever dans un contenant spécial, le traiter dans une machine dédiée. Ça prend vingt-quatre heures et ça coûte cher, donc les personnes ordinaires ne peuvent pas vraiment le faire. »

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe à 10 000 Bq/l de tritium le seuil de potabilité de l’eau. Un niveau qui, selon elle, correspond à un risque sanitaire très faible. Mais selon une contre-expertise de la Criirad, le mode de calcul de l’OMS est problématique : le risque pris en référence pour évaluer l’impact sur une personne durant sa vie entière est trois cents fois supérieur à celui retenu pour les cancérigènes chimiques.

Aux États-Unis, la valeur paramétrique du tritium est de 740 Bq/l, bien au-dessus de la valeur française (100 Bq/l). « La bonne nouvelle pour vous est que la limite en France est plus stricte que dans la plupart des pays, commente Arjun Makhijani. La mauvaise nouvelle est que ce n’est un bon seuil que pour un problème : le risque de cancer. Et qu’il ne prend pas en compte les personnes les plus vulnérables. »

Aucune formation sur le tritium

Mais pour Julien Collet, de l’ASN, compte tenu de la faible radiotoxicité du tritium, « en termes de prévention de risques, ça n’a pas de sens d’aller plus loin qu’un traitement qui consiste juste à le relâcher en évitant des pics de concentration dans l’environnement ». Car sinon il faudrait conserver sur le site des centrales nucléaires le tritium « pendant potentiellement plusieurs décennies » pour que sa radioactivité s’épuise. Cela « nécessiterait de construire des capacités considérables ».

Au sein d’EDF, quelle attention est accordée au sujet des rejets de tritium ? Quelles alternatives existent au rejet d’une substance radioactive dans les cours d’eau qui servent à produire l’eau potable ? Sur ces points, le groupe n’a pas répondu à nos questions et se contente de citer la réglementation en vigueur. Il n’a pas non plus transmis à Mediapart ses registres de rejets détaillés, pourtant de nature publique.

Contacté, un chef de service opérationnel dans une centrale nucléaire témoigne que « le but est de rejeter le moins de tritium possible. Mais quand vous vous retrouvez dans une situation où toutes les bâches sont pleines et que si on ne rejette pas, on va être bloqué dans l’opération des réacteurs, on va trouver des alternatives. Et en général, cela passe par justifier qu’on peut rejeter en dehors des seuils initialement définis ». En vingt ans de carrière au sein d’EDF, il dit n’avoir jamais reçu « la moindre sensibilisation, ni la moindre ligne de formation aux dangers du tritium ».

 

 
 

 

 

 

 

11/09/2024

Electricité Déchets de France veut nous imposer 2 EPR à Penly

Avec un prix du kWh à plus de 0,12 €, ces EPR seront 2 à 3 fois trop chers !

En effet, le solaire et l'éolien sont à moins de 0,06 €/kWh.

Il faut en finir avec ce vieux monde du nucléaire !!

Rouen_Anti-Nuc_2024.png

Comment venir à Rouen le samedi 12 octobre ? :

https://coordantinucleaire.noblogs.org/post/2024/09/07/12-octobre-reserver-vos-places-dans-les-bus

21:38 Publié dans EPR | Lien permanent | Commentaires (0)

28/05/2024

Si vous êtes dans le Saumurois ce 31 mai 2024, venez comprendre pourquoi il est urgent d'agir !

Affiche_SDN49-JPEG.jpg

08/03/2024

Mise en service de l'EPR de Flamanville : l’inquiétude gagne !

7 mars 2024 - Communiqué de presse - ACRO - CRIIRAD - Global Chance - GSIEN

La mise en service de l'EPR est attendue au premier trimestre 2024, selon les dernières annonces. On peut en douter car, dix-
sept ans après le début des travaux, la situation s'avère très confuse. Après les vicissitudes qui ont émaillé le chantier de
construction, les événements des derniers jours interrogent sur les conditions de la mise en service et sur le fonctionnement
futur du réacteur.

Juin 2022 : EDF est confiante, l'EPR de Flamanville va démarrer en 20231.

Décembre 2022 : EDF annonce une mise en service2 "au premier trimestre 2024 au plus tard".

30 janvier 2024 : Bernard Doroszczuk, Président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), annonce avoir relevé quarante-trois
cas de falsifications, fraudes ou irrégularités dans l’industrie du nucléaire3. Trois de ces affaires font l’objet d’une saisine de
la Justice au titre de l’article 40 du Code Pénal. Un de ces cas semble concerner l’EPR. On évoque des vannes et soupapes,
composants très sensibles pour la sûreté du réacteur.

23 février 2024. Lors de la Commission Locale d'Information (CLI) de Flamanville, les falsifications ont été abordées dès le
début de la réunion mais aucune réponse n'a été apportée. Les présents, notamment les élus, repartent sans savoir si oui ou
non des falsifications ont affecté des composants majeurs de l'EPR.

Puis l'ASN a présenté les résultats de l'"inspection renforcée"4. La conclusion est sans appel, il reste encore beaucoup de
travail à réaliser d'ici la mise en service : documents opératoires en cours de mise à jour, une centaine d'alarmes qui
clignotent, une centaine d'essais périodiques à réaliser…
Et encore n'est-il pas fait mention des multiples problèmes techniques qui ont émaillé la construction du réacteur, "sujets
désormais clos" comme l'a souligné le Président de l'ASN, mais loin d'être réglés.

Qu’à cela ne tienne, EDF continue de répéter « chargement du combustible en mars 2024 ».

Le public, les élus, les associations s'interrogent sur les risques que ferait courir une mise en service hâtive de l'EPR et
attendent des réponses concernant les falsifications qui ont possiblement affecté la construction : quels sont les
composants concernés et la nature de la fraude incriminée ?

Ce réacteur n'est manifestement pas prêt à être mis en service en toute sûreté

L’ Article 3 du décret5 n°2007-534 du 10 avril 2007 autorisant la création de l’EPR de Flamanville, fixait à dix ans le délai pour
réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur. Cette échéance a été portée à 13 ans le 25 mars 2017,
puis à 17 ans le 28 mars 2020. La dernière date d’échéance étant proche (10 avril 2024), EDF veut éviter à tout prix un
troisième report. Il ne faudrait pas sacrifier la sûreté pour cela
Il est impératif que les autorités de sûreté fournissent des précisions, en particulier :
•Quand aura lieu la prochaine et dernière consultation du public relative à l'autorisation de mise en service ?
•L'autorisation de mise en service sera-t-elle publiée avant le 10 avril 2024, date limite du délai défini par le décret
d'autorisation de création du 10 avril 2007.
•Si cette date n'est pas respectée, quelle procédure sera mise en œuvre ?
•Une autorisation de divergence sera-t-elle délivrée ? Après la divergence toute opération est beaucoup plus complexe
et entraine des risques accrus pour les travailleurs notamment pour changer le couvercle de la cuve, mais aussi pour
corriger les problèmes liés au plenum inférieur de la cuve.David BOILLEY, Président de l’ACRO

Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest
https://www.acro.eu.org/

Didier GLATIGNY, Président de la CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
https://www.criirad.org/

Bernard LAPONCHE, Président de Global Chance
https://global-chance.org/

Marc DENIS, Président du GSIEN
Groupement de Scientifiques pour l’Information sur l’Énergie Nucléaire
https://gsien.org

Contacts presse :
ACRO : David BOILLEY - 02 31 94 35 34
acro@acro.eu.org

CRIIRAD : Bruno CHAREYRON - 04 75 41 82 50
contact@criirad.org

Global Chance : Michel LABROUSSE - 06 84 62 59 91
contact@global-chance.org

GSIEN : Marc DENIS - 06 76 87 70 94
contact@gazettenucleaire.org

Notes :
1 https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/flamanville/l-epr-de-flamanville-demarrera-en-2023-apres-11-ans-de-
retard-2562412.html
2 Par mise en service il faut entendre "chargement du premier assemblage combustible dans le cœur".
3 Par falsification, fraude ou irrégularité il faut entendre des cas de personnes ayant déclaré une action sans l'avoir réellement réalisée
ou des irrégularités chez les fournisseurs, falsifications de certificats notamment.
4 qui a eu lieu les jeudi 1er et vendredi 2 février 2024 sur le chantier du réacteur n°3 de Flamanville".
5 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000276348

 

Communiqué presse EPR mars 2024 ACRO CRIIRAD Global Chance GSIEN (1).pdf

01/03/2024

23 mars 2024 Manifestation à Caen - Non au démarrage de l'EPR de Flamanville - Non à la relance du nucléaire

La coordination anti-nucléaire organise une manifestation à Caen, le samedi 23 mars prochain, 

pour dire Non au démarrage de l’EPR de Flamanville et Non à la relance du nucléaire.

Détails sur cette action en cliquant sur ce lien :

Manif Caen-A5-4-pages-HD-Sans fonds perdus.pdf

SDN 49 a réservé un autocar à partir d'Angers, avec arrêts à La Flèche, au Mans et Alençon :

 

 Trajet aller

Départ d’ Angers : rendez vous samedi 23 mars 08h45 pour un départ à 09h00 place de la Rochefoucauld (face au Musée Jean Lurçat)

passage à la Flèche péage N°10 sur A11 sortie la Flèche/Sablé pour prendre les militants vers 09h35

passage au Mans péage N°8 sur A11 sortie le Mans Université pour prendre les militants vers 10h00

passage à Alençon Aire de la Dentelle ; pause 30 minutes  de 10h45 à 11h15 et prise en charge des militants départ vers  11h15

arrivée à Caen vers 12h30.

Départ de la manifestation à 14h00

 

Trajet retour

Départ de Caen samedi 23 mars vers 17h30 - 18h00

(horaire à définir collectivement dans l’autocar avant de descendre à Caen)

arrivée vers 19h15 Alençon Aire de la Dentelle pour déposer les militants qui sont montés le matin

arrivée vers 20h00 au Mans péage N°8 sur A11 sortie le Mans Université pour déposer les militants qui sont montés le matin

arrivée vers 20 h 25 à la Flèche péage N°10 sur A11 pour déposer les militants qui sont montés le matin

arrivée vers 21h30 à Angers place de la Rochefoucauld

pause possible entre Alençon et Angers si besoin au retour



Tarifs du trajet aller-retour

Angers – Caen 30 à 48 €

La Flèche - Caen 25 à 40 €

Le Mans – Caen 20 à 32 €

Alençon – Caen 15 à 22 €

Participation libre pour les petits budgets

 

Inscription obligatoire par mail (de préférence) à sortirdunucleaire49@gmail.com – ou par sms au 06 44 39 25 98

Transmettre un n° de téléphone portable permettant de vous joindre si nécessaire le jour de la manifestation.

Vous recevrez un mail (ou un sms) confirmant votre inscription ;

En cas de problème, appeler le numéro 06 44 39 25 98 ou le 07 84 21 16 55

 

Règlement

- par chèque à l’ordre de Sortir du nucléaire 49, par courrier adressé à Sortir du nucléaire49 - 33 rue Bougère 49000 ANGERS  ; ou le 23 mars dans l’autocar

- ou en espèces le 23 mars dans l’autocar

 

Les dons sont les bien venus, ils permettent justement aux petits budgets de venir en déboursant peu.

 

11:49 Publié dans EPR | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2023

PetitQuizz_les réponses

Ce quizz vous a été proposé par des membres de SDN 49,  association locale dont l'objet est d'informer sur l’énergie nucléaire (fonctionnement, risques, …) et proposer des alternatives énergétiques écologiques pour sortir du nucléaire rapidement.
 
Puisque vous êtes ici, prenez le temps de visiter notre blog
Vos commentaires sont les bienvenus
Pour nous contacter : sortirdunucleaire49@gmail.com
 
 
1 - Le rendement d'un réacteur électronucléaire est de :
C/ 33 % 
Rendement médiocre, Rejets thermiques colossaux : Pour produire de l’électricité, les centrales nucléaires commencent par produire de l’énergie thermique. Les innombrables fissions qui se produisent dans le réacteur, au sein du combustible nucléaire, libèrent une énorme quantité de chaleur reprise par l’eau du circuit primaire, puis transférée au circuit secondaire à l’intérieur des générateurs de vapeur. L’énergie thermique est ensuite convertie en énergie cinétique, puis en énergie mécanique et enfin en énergie électrique par le groupe turbo-alternateur.
La conversion n’est que partielle et le rendement final fluctue entre 30 et 35%. Cela signifie que les 2/3 de la chaleur produite par le réacteur ne sont pas convertis en électricité et doivent être éliminés. C’est le rôle du circuit tertiaire  qui achemine la source froide à l’intérieur du condenseur où s’effectue l’échange thermique.
Le condenseur : Dans cet équipement, l’eau prélevée dans l’environnement circule à travers des milliers de tubes au contact desquels la vapeur du circuit secondaire se refroidit et se condense avant d’être renvoyée, sous forme liquide, vers les générateurs de vapeur pour un nouveau cycle. À l’entrée du condenseur, après détente, la température de la vapeur est de 35° ; celle de l’eau du circuit de refroidissement, la source froide, varie en fonction de la saison (de 0° à plus de 30°).
Pour évacuer les 2/3 de l’énergie thermique produite par le réacteur, il faut un débit très important dans le circuit de refroidissement du réacteur : de l’ordre de 40 m3/s (mètres cube par seconde) pour un réacteur de 900 MWe et de 50 m³/s pour un réacteur de 1 450 MWe. Ces rejets thermiques massifs contribuent au réchauffement de l’environnement et s’ajoutent aux rejets chimiques et radioactifs des centrales nucléaires.
Source : « Les circuits de refroidissement des réacteurs »  Trait d’Union n°95 - Octobre 2022 page 18 - CRIIRAD
 
2 - Seul un réacteur à fission nucléaire est actuellement en construction en France (l'EPR de Flamanville) :
C/ depuis 20 ans avec un coût de 20 milliards d'euros
 
 
3 - En 2021, la centrale nucléaire de Chinon a prélevé dans la Loire :
C/ l'équivalent de 148 piscines olympiques par jour
       nota : capacité d’1 piscine olympique = 3750 m³ d’eau 
 
A propos de l'eau prélevée pour le fonctionnement des réacteurs nucléaires, une pétition est en cours, à consulter ici : 
 
4  - Encombrée par ses déchets nucléaires, actuellement la France envisage de stocker ses déchets les plus radioactifs et à vie longue (plusieurs milliers d'années) :
C/ dans l'argile du sous-sol de Bure, dans l'Est du pays
                                   
L’industrie électronucléaire s’est développée pendant plusieurs décennies en tablant sur l’hypothèse que le monde scientifique saurait trouver une solution pour gérer ses pires déchets radioactifs. Trente années de recherche et d’études plus tard, le constat s’impose partout dans le monde : aucun pays ne peut démontrer que la sûreté du stockage de ces déchets, à court comme à long terme, peut être assurée.
En premier lieu, l’industrie nucléaire se débarrassait de ses déchets radioactifs et chimiques dans les océans.
Dans les années 70, des traités internationaux limitent fortement cette méthode.
Au début des années 80, en France, une commission prend position en faveur du stockage géologique des déchets nucléaires. En 1987, l’Etat est à la recherche d’un site pour créer un centre d’enfouissement ; plusieurs lieux ont été visés ; Bourg d’Iré, près de Segré  a été l’un d’eux.
Suite aux fortes oppositions de la population à chacun des lieux concernés, les recherches d’un site sont abandonnées par le gouvernement en 1990.
Puis après un changement de stratégie, c’est la commune de Bure (département de la Meuse) qui est désignée pour la création d’un « laboratoire ».
L’État veut désormais transformer ce laboratoire en un projet des plus démesurés et controversés du siècle : 280 km de galeries souterraines creusées à 500 m de profondeur, pour l’entreposage de milliers de colis, contenant 85 000 m³ de déchets nucléaires de haute et moyenne activité à vie longue ; radioactifs pour des milliers à des millions d’années ; déchets issus du fonctionnement des centrales nucléaires et du retraitement des combustibles usés. 
                                   
Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis des années : les déchets nucléaires représentent un fardeau incommensurable pour les générations futures. Selon certains experts, leur toxicité, à la fois radioactive et chimique, est de loin supérieure à celle de n’importe quel matériau industriel produit à ce jour. 
De plus, l’opposition des citoyens à ce projet est devenue la cible d’une répression sans précédent en France.
 

5 - L'industrie nucléaire dispose de droits à rejeter ses effluents chimiques et/ou radioactifs dans l’environnement (fleuves, mer, air) :

o   Vrai

Chaque centrale est assujettie à une autorisation spéciale accordée par les autorités de tutelle (ASN) et gouvernementales (ministères) pour effectuer les rejets liquides et gazeux de ses installations dans les cours d'eau et dans l'air. 

Cette ARPE (Autorisation de Rejets et Prélèvements d'Eau) répond à une demande, DARPE, déposée par EDF, qui détermine la quantité annuelle des rejets inhérents au fonctionnement des réacteurs nucléaires. L'ARPE prend donc l'aspect d'une norme alors qu'elle n'est qu'un droit à polluer l'environnement : l'air, les sols, les cours d'eau, les mers.

Les pollutions sont de nature chimique, nucléaire, et thermique ; très souvent les trois à la fois et en même temps. 

 

6- Les activités nucléaires militaires et civiles sont intimement liées.

A/ Vrai

"Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil."

Emmanuel Macron au Creusot le 8 décembre 2020.

 

 

7 - Chaque semaine, des incidents arrivent dans les centrales nucléaires françaises ; des accidents graves s'y sont-ils déjà produits ?

o    Oui

"Les deux accidents à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) sont les événements nucléaires les plus importants jamais recensés en France."  D'après l'IRSN.

En 1969, suite à une erreur de chargement dans le réacteur 1,  s'est produit un début de fusion dans le coeur du réacteur 1 de cette centrale.

Puis en 1980, dans le réacteur 2, des éléments ont commencé à fondre ; arrêt d'urgence, et finalement rejets de radionucléides dans la Loire, notamment du Plutonium.

 

 8  - La déconstruction totale de la centrale nucléaire de Chinon              

C/ encore inachevée en 2100

Le démantèlement des coeurs des 3 premiers réacteurs de Chinon, n'a pas encore débuté et devraient être terminé seulement en 2055.

 

 

 9  - Parts de l’électricité  d’origine renouvelable et d'origine nucléaire dans la production d’électricité mondiale, actuellement. :

Part de l’électricité produite par l’ensemble des énergies renouvelables : environ 30 %

Part de l’électricité produite par l’ensemble des centrales nucléaires : environ 10 %

 

Graphique complet sur l'origine de l'électricité dans le monde en 2021 :

https://www.connaissancedesenergies.org/lelectricite-dans...

 

10 -  Le nucléaire permet de disposer de l'électricité la moins chère de toutes les sources

o   Faux

https://www.liberation.fr/planete/2019/12/17/le-nucleaire...

 

11 - En région Pays de Loire, un scénario de transition énergétique permettrait de produire suffisamment d’énergie pour se passer de l’énergie nucléaire à l’horizon 2050

o     Oui

https://virageenergieclimatpdl.org/wp-content/uploads/202...

 

12 - Chaque citoyen.ne français.e peut participer à la production d'énergie renouvelable.

o   Oui

Par exemple en devenant sociétaire d’Energie partagée : https://energie-partagee.org/

Énergie Partagée est le mouvement qui fédère, accompagne et finance les projets citoyens de production d'énergie 100% renouvelable en France.

C’est un outil d’investissement solidaire et mutualisé dédié à 100% au financement d’initiatives de production d’énergie renouvelable et de maîtrise de l’énergie.

Ces projets (centrales photovoltaïques, parc éoliens, unités de méthanisation, centrales hydroélectriques, chaufferies bois-énergie, etc) sont portés, financés et maîtrisés par des groupements de citoyens et de collectivités, dans l’intérêt de leur territoire.

 

Ou encore en rejoignant un groupe citoyen local qui développe un projet : exemple d’un projet récent : le parc éolien citoyen de l’Hyrôme, situé à Chemillé-en-Anjou

Mis en service le 1er juillet 2020, le parc de l’Hyrôme, dont l’investissement total s’élève à 26 millions d’euros, devrait produire 34 800 MWh/an. L’équivalent de la consommation électrique annuelle de 29 693 personnes. La totalité de l’énergie produite à l’Hyrôme est revendue à la coopérative d’électricité Enercoop, qui distribue de l’électricité 100 % renouvelable et locale.

Il est le premier projet éolien, en France, à avoir associé à la fois des collectivités locales et des citoyens. En tout, 370 habitants du territoire y sont devenus actionnaires.

 

Merci de votre participation à ce quizz !

 

Pour en savoir plus, voici quelques liens où trouver des infos fiables :

https://virageenergieclimatpdl.org/

http://decrypterlenergie.org/

https://www.negawatt.org/

https://www.criirad.org/

https://www.acro.eu.org/

https://www.sortirdunucleaire.org/

https://reporterre.net/

 

 

 

 

09/10/2023

22 octobre : Venez !

Capture du 2023-10-09 22-02-57.png

22:11 Publié dans Chinon, EPR | Lien permanent | Commentaires (0)

21 octobre : Venez !

Capture du 2023-10-09 22-02-11.png

22:11 Publié dans Chinon, EPR | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2023

EPR2 : TROP CHERS (et trop risqués, trop polluants pour nos fleuves, etc.) !

Par l'auteur de "Le Corrigé" (détox d'une certaine BD jancovicelarde !), une analyse des EPR2 à partir des scénarios RTE "Futurs énergétiques 2050" : https://www.lemondesansfin-lecorrige.fr/wp-content/uploads/rte_19062023.pdf

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